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♦ Une forme de méditation indispensable : le calme mental  (Samatha)


Le calme mental dans le bouddhisme, passage inévitable dans l’engagement bouddhiste et commun aux trois véhicules, n’a quasiment rien à voir, au moins en terme de but, avec les activités que l’on peut trouver ça et là dans les centres de remise en forme ou de relaxation, etc. Mal exposée, la pratique du calme mental finit par être pervertie par des personnes qui peuvent se présenter en Gurus ou autres charlatans. Il s’agit ici de présenter ou rappeler succinctement, de façon la plus claire possible, cette pratique, qui à elle seule, peut faire l’objet d’innombrables pages et commentaires que l’on peut trouver facilement dans des livres.


Une définition de Samatha peut être celle-ci : la capacité de fixer nos états d’esprits sur l’objet de méditation avec clarté et stabilité, aussi longtemps que l’on souhaite, avec aisance mentale et physique. On l’appelle aussi la concentration en un seul point. Il y a dix niveaux à parcourir avant d’atteindre la vision profonde (vipassyana).

Grâce à Samatha, l’esprit devient extrêmement flexible et réduit radicalement la puissance des attitudes perturbantes, la colère grossière, l’attachement, la jalousie, etc.


« Les gens qui suivent la Voie devraient en premier ‘vider’ et calmer leurs états d’esprits. La raison en est que l’esprit doit être ‘vide’ avant de pouvoir saisir profondément le principe subtil. Si l’esprit n’est pas ‘vide’, il est comme une lampe dans le vent, ou une eau turbulente, comment peut-il refléter les myriades de formes ? ».

Yuan-Hsien (1618 – 1697) – moine Zen


Voici des préalables pour accomplir pleinement le calme mental :


1- Un endroit adéquat : facilité à obtenir de la nourriture sans subsistance, endroit puissant béni par des personnes saintes et calme, ne favorisant aucune maladie, avec des compagnons bons dont l’un au moins à écouté les enseignements.

2- Avoir peu de désirs en terme de nourriture, vêtements, etc.

3- Être satisfait : accepter ce que l’on a et ce que nous sommes.

4- Adopter une éthique pure : essayer d’éviter toute attitude négatives.

5- Abandonner l’agitation et l’excitation : peu de sujets en dehors de la méditation, réduire toutes les autres activités.

6- Abandonner les pensées de désir et de soif : en contemplant les défauts du désir et l’impermanence


Et aussi, dans le cadre du grand véhicule, il est indispensable de générer la bonne motivation (l’esprit d’éveil).


L’achèvement de Samatha n’est pas une mince tâche. Il est dit que si on est complètement engagé dans la pratique au cours d’une retraite solitaire, on peut le réaliser en l’espace de six mois.

Il n’y a pas beaucoup de personnes qui peuvent se vanter d’avoir maîtrisé Samatha, qui est pourtant ‘une première étape’ dans la méditation !! Pour s’engager sérieusement dans la pratique, il est bon de prendre conseil auprès d’enseignants qualifiés et de s’informer grâce à des livres sérieux.


Une mise en garde importante d’un moine theravada (du petit véhicule) Vénérable Ajahn Chah (Pra Bhodinyana Thera ) :   


«Le Samadhi est capable d’apporter du mal ou du bien au méditant. On ne peut dire qu’il apporte exclusivement l’un ou l’autre. Pour celui qui n’a aucune sagesse, il est dangereux, mais pour celui qui a de la sagesse, il peut apporter de grands bénéfices et le mener à la vision profonde. Ce qui peut apporter le plus grand mal au méditant est le samadhi de l’Absorption (Jhana), le samadhi au calme maintenu et profond. Ce samadhi apporte une grande paix. Là où il y a la paix, il y a le bonheur. Quand le bonheur est là, l’attachement et la saisie à ce bonheur s’élève. Le méditant ne souhaite plus contempler autre chose, il souhaite juste s’adonner au sentiment plaisant. Quand on a pratiqué pendant un long moment, on peut facilement entrer dans ce samadhi très rapidement. Aussitôt que l’on constate notre objet de méditation, l’esprit pénètre le calme, et on ne veut plus en sortir pour contempler autre chose. On reste collé à ce bonheur. Ceci est un danger pour celui qui pratique la méditation.

On doit utiliser le samadhi Upacara. De cette façon, on pénètre le calme et ensuite, quand l’esprit est suffisamment apaisé, on en sort et observe l’activité extérieure. En regardant ainsi, un esprit calme laisse la sagesse se développer. Ceci est difficile à comprendre, parce que ressemblant presque à la pensée et à l’imagination ordinaire. Quand la pensée est là, on peut penser que l’esprit n’est pas en paix, mais en réalité la pensée prend place au sein du calme. Il y a contemplation mais elle ne perturbe pas le calme. On peut intensifier la pensée afin de la contempler. Ici, on relève la pensée afin de l’analyser, ce n’est pas que nous pensons sans but à l’analyser, ce n’est pas que nous pensons ou estimons sans but ; c’est quelque chose qui s’élève d’un esprit paisible.

Ceci est appelé « attention dans le calme et le calme dans l’attention ». Si ce n’est que la pensée ou l’imagination ordinaire, l’esprit ne pourrait demeurer en paix, il serait perturbé. Mais je ne parle pas de la pensée ordinaire, ceci est un sentiment qui s’élève de l’esprit apaisé. Il est appelé « contemplation ». La sagesse naît justement ici.”   


Taï Situ Rinpotché, de « La prière Mahamoudra du troisième Karmapa » dont un extrait :


‘Les vagues grossières et les pensées subtiles s’estompent en leur endroit même.

Le courant de l’esprit se repose non perturbé en lui-même.

Puissions nous être libres des chaînes de l’agitation, de la torpeur et du flou,

Et établir un océan continuel du calme mental.’


Dit ceci :

 

’’Cette prière décrit l’idéal du calme mental. Dans cet état, toute grossièreté et pensées subtiles sont naturellement pacifiées, c'est-à-dire temporairement apaisées. Quand l’esprit est libre de pensées perturbantes, il devient stable et demeure ainsi sans l’aide de quelque effort que ce soit. Dans ce cas, deux choses peuvent se présenter.

La première est l’agitation. ( Tib.’Jing wa’). Ceci se réfère à un état d’esprit extraverti tel que l’esprit sombre dans une sorte de fixation dans laquelle il est fasciné ou ‘‘hors de l’espace’’. Le second  consiste en deux types d’état d’esprit extrêmement introvertis, la torpeur et le flou (Tib ‘mug pa’ et ‘nog pa’). Ils se ressemblent, mais le flou est légèrement plus actif, tandis que sous l’influence de la torpeur, on peut facilement sombrer dans le sommeil. C’est un état réel de flou blanc total, tandis que le flou est un état nébuleux extrême qui peut être comparé à l’eau polluée par trop de poussière au point de ne pouvoir voir à travers. ‘’     



Ainsi donc, avec ces extraits, sont évoqués le bien et le mal, et les obstacles qui peuvent se présenter à la pratique. La personne qui souhaite méditer le calme mental, ne pourra échapper aux obstacles ; d’où la nécessité d’un soutien provenant d’un enseignant qualifié.


Cependant, la méditation peut revêtir différentes formes comme par exemple la méditation analytique, indispensable dans l’étude du Dharma, ou la méditation visuelle (plutôt du côté Vajrayana). Ces formes de méditation seront exposées à travers différentes propositions de pratiques.

Comment méditer en pratique ?


Il s’agit d’apporter des éléments plutôt d’ordre technique pour aborder la méditation. Ils sont souvent enseignés par les maîtres authentiques. Si l’on a le mérite de recevoir ces directives de la bouche d’un maître, cela est bien sûr meilleur. L’auteur du site a pour motivation d’aider à « goûter » à la méditation en diffusant des points essentiels.

Avec le temps, peut-être que l’aspirant prendra vite conscience des bienfaits qui découlent de la méditation dont par exemples :


- Un esprit détaché des problèmes quotidiens

- Des distractions minimisées

- Un esprit apaisé

- Un sommeil paisible


Certaines conditions devraient être remplies pour méditer :


- un endroit calme (utiliser la musique est un moyen qui peut relaxer mais pas une méditation réelle), couper toutes distractions

- s’assurer de ne pas être trop fatigué et opter pour le matin très tôt (l’esprit est plus reposé)

- porter des vêtements amples

- s’efforcer d’établir une continuité dans le temps en intégrant de la place dans l’agenda quotidien


Le corps


- Garder le dos droit, cela est très important

- Essayer d’être physiquement décontracté et à l’aise (en portant attention à la respiration par exemple) sans trop bouger

- Garder la tête droite, légèrement penchée vers l’avant, les dents séparées, le bout de la langue touche le haut du palet

- Les yeux de préférence légèrement ouverts

- Les épaules relâchées et les mains peuvent être posées sur les genoux

- Les jambes en position du Lotus si possible, mais peuvent aussi être simplement croisées. D’autres positions sont possibles comme s’agenouiller ou s’asseoir sur un siège. Dans ce cas, le dos doit rester bien droit sans appui arrière, en posant bien à plat les pieds sur le sol

- Essayer de respirer du ventre et non de la poitrine

- Toujours penser que la posture doit favoriser la méditation et non devenir un obstacle


Le Bouddha enseignait lui-même à un de ses disciples qui avait des problèmes avec sa posture de s’allonger sur le dos sur un lit, et rapidement il fit des progrès. Cependant, cela n’est pas conseillé pour tous !! Le Bouddha est seul omniscient.


L’esprit

- Il faut être détendu mais en même temps attentif et ‘éveillé’ : trouver l’équilibre n’est pas facile

- Il faut devenir un observateur aiguisé de son propre esprit et de ses propres pensées.


Dans « Réflexions sur un lac de montagne » (un livre anglais) de Ani Tenzin Palmo, il est dit ceci :

« Tandis que nous commençons à développer l’attention à l’esprit, l’esprit lui-même apparaît se diviser en deux parties. Un nouvel aspect de l’esprit se lève. Ceci se réfère variablement au témoin, au chercheur, au connaisseur ou à l’observateur. Il est témoin sans jugement et sans commentaire. En même temps qu’arrive le témoin, un espace apparaît au sein de l’esprit. Ceci nous permet de voir des pensées et des émotions comme de simples pensées et émotions, plutôt qu’en tant que ‘moi’ ou ‘mien’. Quand les pensées et les émotions ne sont plus regardées comme ‘moi’ ou ‘mien’, nous commençons à avoir le choix. Certaines pensées et émotions sont utiles, ainsi nous les encourageons. D’autres ne le sont pas, ainsi nous les laissons partir. Toutes les pensées et les émotions sont reconnues et acceptées. Rien n’est supprimé. Mais, maintenant, nous avons le choix de la façon de réagir. Nous pouvons donner de l’énergie à certaines, lesquelles sont utiles et habiles et retirer de l’énergie à d’autres qui ne le sont pas »

Les pensées et émotions positives sont par exemples, l’amour bienveillant ou la compassion.


La session


- Essayer de s’accorder un laps de temps auquel il serait bon de se tenir pour établir une continuité. Néanmoins, il faut arrêter dès que la fatigue apparaît.

- Développer la motivation et effectuer les prières données sur la page ‘Méditations de base’

- Faire une méditation sur la respiration pour calmer et éclaircir l’esprit au préalable

- Dans le cas d’une méditation analytique (réflexion), choisir un objet ou un sujet puis s’y tenir sans changer

- Ne pas oublier la dédicace


En résumé, la méditation en premier lieu aide à se transformer soi-même en la personne que nous souhaitons être (ultimement un Bouddha pour le bouddhiste). Ne pas espérer de grandes  expériences.   


« S’il y a une chose que vous voulez réellement connaître, alors vous voulez réellement écouter votre propre sagesse. Vous savez, la méditation est l’apprentissage pour écouter votre propre sagesse, et donc vous pouvez voir. Je pense que la raison pour laquelle la méditation est si étonnement importante, est que d’une certaine façon, notre monde inconscient est beaucoup plus gros. Il est énorme, universel, et nous ne le comprenons pas. La méditation permet à ce monde d’être léger et connaissable, compréhensible. Ceci est la raison pour laquelle la méditation est si importante. Normalement, nous sommes entièrement assujetti par l’esprit conventionnel égotiste, ne permettant pas à l’esprit fondamental de fonctionner. Ceci est la raison pour laquelle on devrait avoir confiance, réellement … à travers l’expérience, on a confiance en son propre parcours spirituel. »   Lama Thubten Yeshe ( FPMT )


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