Les Cinq Sources de Peur


Il n’existe pas un seul être sensible de la sphère samsarique qui n’est pas assujetti à la peur. Par contre, il n’existe qu’un seul accomplissement qui permet de s’affranchir totalement de la peur : l’état d’éveil parfait d’un Bouddha. Sur le cheminement qui mène à cet état de Bouddha, chaque être fait et fera l’expérience de nombreuses formes de peur, ou plus précisément rencontrera différentes conditions où la peur surgira inévitablement, avec des formes subtiles comme l’angoisse ou l’anxiété.

On peut toutefois noter cinq Sources de Peur : le manque de moyens d’existence, le fait de ne pas être loué, être le centre de l’attention, tomber dans les royaumes inférieurs et la mort.


- La peur du manque de moyens d’existence concerne les indigents, lesquels doivent s’efforcer de survivre ou pensent ne pas avoir suffisamment par manque de contentement, tout comme les opulents qui ont peur de les perdre ou imaginent par cupidité ou aveuglement d’être encore dans le manque. Elle est donc toujours présente en fond, que l’on manque vraiment de moyens ou que l’on soit dans une situation ponctuelle d’absence de moyens.

- La peur de ne pas être loué signifie que l’on a toujours besoin de reconnaissance et  que nos soi-disant qualités soient reconnues par autrui, et donc on n’accepte pas d’être critiqué. On n’aime pas être critiqué et on a peur de la critique. Cette peur empêche de reconnaître nos défauts et de développer la patience. La quête ou l’appréciation de la louange - du corps, de la parole ou de l’esprit - est une préoccupation mondaine qui entrave la libération.

- La peur d’être le centre de l’attention signifie que nous sommes incapables de maîtriser nos émotions lorsque nous sommes l’objet de l’attention d’autrui. Ne voulant pas décevoir le regard d’autrui, on s’efforce de prendre une apparence particulière, en refoulant nos défauts, sans rester naturel dans l’acceptation de nos limites reconnues. Il y a l’exemple de se retrouver devant une assemblée de personnes qui nous écoutent. On est intimidé et cette intimidation est cette forme de peur.

- La peur de tomber dans les royaumes inférieurs, concerne évidemment les personnes qui connaissent et croient les descriptions de ces royaumes. Pour un(e) adepte bouddhiste, elle conditionne la manière de pratiquer et a au moins le côté bénéfique d’encourager à éviter toutes les actions des trois portes qui y mènent.  Pour les autres êtres, ceux qui ignorent ou ne croient pas à ces royaumes tels que décrient par le Bouddha, cette peur est quand même là ! Il suffit de se référer aux cauchemars vécus de manière désagréable.  Qui plus est, ces royaumes inférieurs sont présents dans l’esprit de tout être ordinaire.

- La peur de la mort est évidente pour presque tout le monde. Il suffit de voir comment la mort est considérée et traitée dans la vie mondaine. Nul besoin de développer, n’est-ce pas. Cette peur révèle le chérissement de l’existence et l’ignorance de ce qu’elle (peur et mort) est vraiment. Seuls certains êtres sensibles, grâce aux enseignements du Bouddha notamment, regardent et appréhendent la mort avec joie, foi ou sagesse et par conséquent sans peur.


Il est possible de s’affranchir partiellement de ces peurs par l’entraînement de l’esprit. Le contentement, la volonté de développer la vertu de la patience, le développement de l’éloquence grâce à la sagesse, regarder les êtres comme soi-même, ne plus se chérir ou vouloir être chéri, développer l’esprit d’éveil qui ne craint pas d’endurer la souffrance pour autrui, cultiver l’équanimité en toute chose, croire et viser la Terre Pure du Bouddha Amitabha, et bien d’autres moyens, peuvent mener progressivement à s’affranchir de ces cinq peurs.

Enfin, quiconque atteint la première Terre de Bodhisattva nommée ‘Joie Sublime’, c’est à dire le niveau spirituel où l’on fait l’expérience directe de la nature vide des phénomènes et de leur égalité, est totalement affranchi de ces cinq peurs. Ce qui n’est pas facile du tout !  


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