Saṃsāra et Nirvāṇa


La roue de la vie représente visuellement principalement la prison des six sphères existentielles ou chemins de vie principaux. Selon la cosmogonie bouddhique, ces six chemins de vie principaux font partie des Trois Royaumes de l’Existence que sont :


(1) le royaume du désir, où résident des êtres sensibles avec toutes les afflictions, telles que les habitants de l'enfer, les fantômes, les animaux, les humains, les asuras et certains dieux ;

(2) le royaume de la forme, où les dieux (deva) Brahmā, qui n'ont que des désirs purs, résident dans dix-huit formes célestes classées dans les quatre cieux de dhyāna ou quatre niveaux de méditation ;

Et (3) le royaume sans forme, où les dieux sans forme sont en existence mentale dans quatre cieux sans forme, ou à quatre niveaux d'absorption méditative longue et profonde (samādhi).


La transmigration d’une forme existentielle à une autre dans ces trois royaumes forme le cycle de la naissance et de la mort, à savoir le saṃsāra en sanskrit, que l’on peut aussi nommer « Océan de Souffrance ».


Quelles que soient les doctrines religieuses existantes, seule la Doctrine (Dharma) du Bouddha permet de façon sûre et certaine de quitter ce cycle. En mettant en application avec confiance les enseignements donnés par le Bouddha et ses représentants, il est possible de quitter le saṃsāra et d’atteindre le nirvāṇa, synonyme de l’au-delà des peines ou d’éveil. Il est toutefois extrêmement difficile de définir précisément le nirvāṇa par des mots car l’éveil est inconnu des êtres sensibles. Désigner est possible, mais décrire ce que l’on ne soupçonne même pas pour des êtres ordinaires, ne l’est pas. Le Dharma enseigne qu’il y a quatre niveaux de nirvāṇa qui sont :


(1) le nirvāṇa inhérent, ce qui signifie la vraie réalité que tous les dharmas n'ont ni naissance ni mort. Ce niveau d’éveil concerne les adeptes très avancés ;

(2) le nirvāṇa avec restes ou résidus, ce qui signifie l'illumination d'un Arhat ou d'un Pratyekabuddha (éveillé par soi) qui vit toujours dans son corps, qui forme les restes de son existence karmique ;

(3) le nirvāṇa sans restes, ou résidus, ce qui signifie la mort d'un Arhat ou d'un Pratyekabuddha, lequel a abandonné son corps, qui forme les restes de son existence karmique ;

Et (4) le nirvāṇa qui ne réside nulle part ou sans résidu, ce qui signifie l'illumination suprême d'un Bouddha. Le grand nirvāṇa d'un Bouddha comprend la réalisation de l’omniscience, de l'éternité, de la félicité, du vrai soi, et la pureté d'un Tathāgata (un autre nom pour Bouddha), ainsi que l'obtention de pouvoirs non disponibles à un Arhat ou à un Pratyekabuddha.


Le mot « nirvāṇa » est détourné et utilisé médiocrement dans le langage courant par les mondains pour désigner un haut d’état de bonheur ou d’extase. L’adepte devrait s’en défaire, et orienter son engagement sur la Voie du Bouddha pour comprendre et réaliser par l’expérience directe progressivement que «saṃsāra et nirvāṇa» sont comme les deux faces d’une même pièce, à la fois une (la pièce) et différentes. Les êtres non-éveillés perçoivent seulement le saṃsāra et ses souffrances. Les êtres éveillés perçoivent le saṃsāra tel qu’il est réellement, à savoir semblable au nirvāṇa, tous les deux étant d’une saveur unique (vacuité).     

Au-delà de la dualité conceptuelle de l'existence et de la non-existence, du saṃsāra et du nirvāṇa, un Bouddha continue de se manifester de la manière la plus appropriée en réponse aux besoins des êtres sensibles, résidant ainsi «nulle part» et «partout».


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