Les Trois Champs de Fortune


Le Bouddha Śākyamuni a enseigné que toutes les actions du corps, de la parole et de l'esprit sont assujetties à la loi universelle de causalité. Elles ont inévitablement des conséquences selon leurs caractéristiques bonnes, neutres ou mauvaises. Cela signifie donc que l'adepte qui a confiance totale en cette causalité, devrait naturellement appliquer l'attention et la vigilance dans tout ce qu'il entreprend. Mais aussi, cela signifie qu'il devrait orienter ces actions dans le sens de l'accumulation de bienfaits ou mérites afin d'améliorer cette vie et de préparer ses prochaines vies jusqu'à au moins la libération du saṁsāra. Pour ce faire, les possibilités sont nombreuses.


Néanmoins, le Bouddha a aussi enseigné qu'il y a Trois Champs de Fortune, c'est-à-dire Trois "Objets" ou "Supports" permettant de purifier son karma rapidement et d'accumuler des bienfaits ou des mérites pour cheminer avec de plus en plus d'assurance sur la Voie. Il s'agit :


1) du champ de révérence que sont les Trois Joyaux ;

2) du champ de bonté que sont les parents et les enseignants ;

3) du champ de compassion qui regroupe le pauvre, le malade et les animaux.


En faisant des offrandes à l'un de ces champs, on plante des graines qui apporteront des récoltes de fortune dans cette vie et les suivantes.


"Faire des offrandes" au premier champ que sont les Trois Joyaux signifie au sens large agir par tout moyen – du corps, de la parole et de l'esprit – pour les maintenir présents et accessibles au plus grand nombre des êtres sensibles. Ils sont comme la chaleur du soleil qui rayonne dans la froideur de l'existence samsarique. Il est très difficile de mesurer le bon karma résultant simplement de faire offrandes de fruits à la statue d’un autel bouddhiste ou même de dépoussiérer l’autel (étant adepte ou non d’ailleurs !).

"Faire des offrandes" au second champ que sont les parents et les enseignants signifie au sens large manifester par tout moyen – du corps, de la parole et de l'esprit – de la gratitude à leur égard. Ils incarnent l'amour bienveillant et permettent l'émancipation. Nous leur devons ce que nous sommes et ce que nous deviendrons.

"Faire des offrandes" au troisième champ que sont le pauvre, le malade et les animaux, signifie au sens large développer par tout moyen – du corps, de la parole et de l'esprit – les vertus que sont la grande bonté et la véritable compassion. Ils nous rappellent l’omniprésence de la souffrance et la nécessité de tout faire pour y mettre un terme définitif ou la réduire dans un premier temps.


On peut accomplir toutes sortes de bonnes actions dans la vie ordinaire, mais aucune ne peut surpasser en rétributions karmiques heureuses celles basées et tournées vers ces Trois Champs de Fortune. Quand elles sont en plus parfaitement dédiées à l'omniscience et au bien de tous les êtres sensibles, la progression sur la Voie Authentique est certaine.



  


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