Les Neuf Événements Désagréables de la Vie du Bouddha Śākyamuni


La Vie du Bouddha Śākyamuni est unique, incroyable et entièrement instructive. Depuis le moment où il a pris naissance et son extinction dans le nirvāṇa, tous ses faits et gestes sans exception ont été dictés par la grande compassion et la grande sagesse.

Si on la considère avec un regard ordinaire d'historien ou de scientifique, alors on est très loin de pouvoir penser que sa vie terrestre est une mise en scène incroyablement habile pour guider les êtres sensibles ordinaires pris dans le saṃsāra. Des adeptes, notamment du petit véhicule dit Hinayāna, ont une vision étroite et trop collée aux mots qui décrivent l’histoire du Bouddha. Au point qu’ils peuvent devenir confus, s’interroger et douter du Bouddha lui-même et de son omniscience.


Prenons par exemple les neuf événements désagréables que le Bouddha a endurés au cours de sa vie :


(1) il a accompli des pratiques ascétiques pendant six ans ;

(2) il a été calomnié par une femme appelée Sundarī ;

(3) il a été percé au pied par une lance en bois ;

(4) il a mangé du blé de cheval avec cinq cents Arhats pendant leur séjour de trois mois à Vairañjā, une ville du royaume de Kauśala, à l’invitation d’un brahmane appelé Agnidatta ;

(5) il a souffert de maux de tête lorsque le clan Śākya a été anéanti par l’armée du roi Virūḍhaka ;

(6) il a mendié de la nourriture dans un village brahmane et est revenu les mains vides ;

(7) il a été calomnié par une femme appelée Ciñcā-Mānavika ;

(8) il a été touché à l'orteil par un éclat de roche poussé vers le bas par Devadatta ;

(9) il a demandé plus de vêtements pendant huit nuits dans la forêt par un froid glacial.


On pourrait penser que le Bouddha n’est pas vraiment un Bouddha, c’est à dire un être pleinement éveillé et libéré de tous les voiles dont le voile karmique, puisqu’il a enduré ces événements désagréables, à la manière d’un être sensible qui doit endurer ses rétributions karmiques. Il serait alors regardé maladroitement avec un œil de chair ordinaire. Or, comme il s’agit indubitablement d’un Bouddha, ces neuf événements désagréables ne peuvent qu’être des moments théâtraux instructifs de sa vie historique.

Bien au-delà du karma et de sa rétribution, pour enseigner la cause et l'effet aux êtres sensibles, le Bouddha a révélé les causes de ces neuf événements en racontant des histoires sur ses vies passées (Jatakas). Aussi, il a pratiqué de manière ascétique pour instruire sur la diligence et la Voie du Milieu, tout en étant en réalité au-delà des extrêmes du nihilisme et de l’éternalisme. Il a montré que personne en ce monde n’est à l’abri de la critique ou de la calomnie. Voyant le son comme un écho vide d'existence propre, il n’était en rien affecté. Il a montré des blessures qui n’étaient que des blessures douloureuses aux yeux des êtres ordinaires dépourvus de toute sagesse. Son corps physique n’était pas du tout une rétribution karmique venue à maturité mais totalement voulu. Parfois même, il devenait lumineusement vertueux en apparence. Il a manifesté l’apparence d’être atteint par la maladie pour souligner que la maladie est inévitable au cours d’une vie notamment humaine. Il a enseigné la patience à l’égard de Devadatta avec qui ses liens étaient très étroits au cours de son cheminement vers l’éveil à travers d’innombrables vies. Il a enseigné la noblesse de la mendicité sans espoir et entièrement détachée, source de grands mérites pour l’adepte mais aussi le donateur potentiel. Le fait qu’il eut à manger du blé de cheval peut paraître dégoûtant et incongru pour un Bouddha, mais il en est rien car en tant que Bouddha, il a réalisé l’unique saveur des phénomènes, au-delà du bon et du mauvais…     

Ne soyez donc pas pris aux pièges des mots qui décrivent sa vie historique ! Laquelle n’est qu’une petite parenthèse ou péripétie temporelle de son activité éveillée continuelle jusqu’à aujourd’hui pour guider les êtres.



◄Contenu Bases du Bouddhisme - Amitabha Terre Pure