La Prosternation


Un geste propre au bouddhisme


Il n’y a pas un seul endroit dédié au bouddhisme, où l’adepte ne se prosterne pas trois fois, pour rendre hommage aux trois joyaux, face à une image, une statue ou une représentation quelconque du Bouddha et de Bodhisattvas.  

Il s’agit d’un geste pour manifester sa reconnaissance à l‘endroit du Guide Suprême capable de nous mener au delà de la souffrance et à l’état même de Bouddha. À l’époque du Bouddha Sakyamuni, les personnes manifestaient leur grand respect en s’inclinant spontanément et en tenant même les pieds des êtres vénérés.


Sens et But


Pour l’adepte disciple du Bouddha ayant pris refuge en les trois joyaux, l’ennemi à déraciner est l’ego, c’est à dire le fameux ‘ je ’. En se prosternant parfaitement, il manifeste de l’humilité face aux trois joyaux et dépose à côté de lui, pendant au moins le court instant du geste, son orgueil. Il se tourne aussi vers sa propre nature de Bouddha qu’il n’a pas encore reconnue et dont la réalisation est son objectif ultime. Il s’agit d’une action très noble du corps associé à un état d’esprit propre qui permet de purifier son karma et donc d’accumuler des mérites.

Le Bouddha, étant un champ infini de mérites, ne ‘gagne rien’ à être placé sur un piédestal. Il n’a jamais demandé à l’être. Il est complètement libéré de l’ego, du chérissement de soi et de la notion illusoire d’un ‘soi’ autonome.

Dès lors que l’on ne comprend pas bien la nature du Bouddha, et ses trois corps ou kayas en sanskrit, il peut être difficile de se prosterner devant une image ou une statue inerte. Pourtant, il n’ y a aucune différence ultime entre la statue ou le Bouddha en chair et en os ! L’inertie n’est qu’apparence et le reflet de notre esprit voilé…


En pratique


La prosternation n’a rien de difficile sur le plan des gestes corporels. Elle peut varier d’une tradition à une autre, selon les adeptes et leur origine. Les différences sont minimes et aucune manière ne peut être imposée.

 

Brièvement, les paumes des mains jointes sont placées successivement au dessus de la tête, au niveau de la gorge et du cœur, pour symboliser le refuge dans les trois joyaux, puis on touche le sol avec le front, les deux mains, et bien sûr les deux genoux..  Ces cinq points de contact symbolisent le souhait d’abandonner les cinq principaux poisons. Dans le Vajrayana, on peut s’allonger complètement par terre car il est dit que plus la surface de contact est grande et plus les mérites sont grands.

Dans les centres asiatiques, des cérémonies de repentir consistent à faire un grand nombre de prosternations aux Bouddhas des trois temps. Dans le Vajrayana, les prosternations font partie des quatre préliminaires. Elles doivent être accomplies au moins cent mille fois.  




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