Viviane !
Là où s’amoncellent des tas d’ego, là où se trouve les frictions du « je » qui cherche toujours à vivre en croyant être vivant, sans vraiment l’être.
Pour ce qui de votre amusante histoire, vous me surprenez, vous qui avez une vraie arche chez vous ! Les escargots sont de petits animaux inoffensifs qui traînent une grande souffrance « sur leurs dos ». De plus, comme cela ne suffisait pas, ils finissent pour certains malchanceux dans les assiettes des humains avides de sensations diverses. Hélas !
Mais je crois bien que cette nonne a essayé de vous aider à aller au-delà des apparences, car autrement, la compassion à laquelle vous aspirez comme elle dans la pratique, ne pourrait s’étendre. Belle anecdote. Vous avez une bonne amie nonne, semble-t-il.
Maintenant, pour ce qui est de l’éthique ou discipline, il n’y a vraiment aucune différence, mis à part que le mot « discipline » peut être mal compris à l’oreille d’une personne ignorante du Dharma. Les deux termes revêtent la même signification au sens bouddhiste.
L’éthique ou discipline, selon le niveau de la libération personnelle, consiste à éviter de nuire à autrui, par les trois portes, grâce à une confiance totale en le pouvoir extraordinaire du karma enseigné par le Bouddha. La loi de cause à effet devrait être bien saisi fermement en notre esprit sans jamais l’oublier, afin d’éviter de commettre toutes mauvaises actions négatives, même la plus infime, à l’encontre de tout être sans exception.
Une simple mauvaise pensée peut produire un énorme karma négatif dans un futur lointain ! Par exemple, si vous avez la pensée de vouloir donner à manger et n’agissait pas en conséquence, cela peut causer une renaissance dans le royaume des prêtas.
En outre, il est nécessaire de s’engager dans la pratique des Dix Actions Vertueuses pour quiconque se dit disciple du Bouddha. Dans un premier temps, elles devraient être regardées comme un moyen-support qui pointe vers le Bonheur et auquel il faut s’attacher avec intelligence pour se défaire des souffrances grossières. Progressivement ensuite, ces Dix Actions ne seront plus aux yeux du pratiquant quelque chose à appliquer car son esprit aura intégré le sens ou réalisé le sens, et naturellement agira de façon juste sans effort et progressivement jusqu’à la perfection du Bodhisattva. Comme l’esprit est discipliné, la parole et l’action physique suivront dans le même sens de justesse. Mais sachez qu’une action juste, ne signifie pas forcément faire le bien de façon stupide. A l’origine, elle repose sur la dualité « bien,mal » mais en fait, s’étend bien au-delà. Soit dit en passant, du côté tibétain, des préceptes particuliers peuvent engager le disciple vis – vis du maître....
En plus d'appliquer ces Dix Actions Vertueuses qui permettent de renaître dans les Cieux et fermer les portes des renaissances dans les royaumes inférieurs, voulant absolument réaliser l’éveil pour le bien des êtres, il est nécessaire pour le pratiquant de cultiver le bien sans relâche en s'engageant aussi dans les autres perfections, afin d’accumuler des mérites et gagner en liberté authentique vis-à-vis du Samsara. Par exemple, la simple pensée de vouloir sauver un escargot d’une mort atroce sous le pied d’un humain, peut être cause d’innombrables mérites pour un prompt cheminement vers le parfait éveil. Cela demande donc de la vigilance et de l’attention en tout ce que nous faisons à chaque instant de notre brève existence. Le calme mental recherché en méditation formelle ou non, aide à cet objectif.
Comme conséquence de l’éthique, toutes les réalisations spirituelles sont possibles car la maison de l’éveil peut être bâtie sur une fondation solide et immuable. Avec l’entraînement, le pratiquant n’aura plus besoin de règles car il en aura saisi le sens et fera corps avec toute chose, puis à la perfection du Bouddha, le bien et le mal ne seront que deux mots porteurs d’illusions et illusoires. Il n’y a ni éthique, ni non-éthique aux yeux du Grand Sage...
J’espère avoir suffisamment « moulu le grain de blé » !

Autrement, au prochain épisode.
A bientôt.