Veiller sur la parole, contrôler l'esprit, s'abstenir des actes mauvais :
qu'on se purifie par ces trois moyens d'action pour atteindre le sentier déclaré par les sages. Bouddha Shakyamuni
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Profonde Subtilité

Une aile pour l'éveil...

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Message non lupar Minh Thọ » 15 Jan 2012 15:26

Bonjour à tous et Bonne Année 2012, :lol:

Je vois que cela dort ou on hiberne sur cet espace, ou on médite dur !

Ce sujet de la sagesse me paraît d'une grande importance et bien sûr très subtil. Il est tellement vaste que l'épuiser par des mots toute une vie ne serait pas suffisant.

Je ne peux m'empêcher de suite de penser à ce qui se passe en ce moment du côté des tibétains, avec ces moines qui s'immolent pour protester contre la politique absurde et inhumaine chinoise. Cela semble incroyable de voir ces pratiquants bouddhistes accablés par la répression farouche et qui d'un autre côté, oublient les fondamentaux dans le Dharma : le suicide est clairement déconseillé !

En occident, l'émotion est grande de la part des militants - souvent excessifs - de la cause tibétaine, lesquels appellent à toute sorte de manifestation pour dénoncer cette oppression et soutenir ces moines en perdition. Je reçois en flux rss, des informations de Tibet-Info qui relatent ces drames.

Or, l'émotion ordinaire, en apparence compatissante, manque à l'évidence de sagesse car par nature, bien que vide, elle repose sur les cinq poisons..... D'ailleurs, lorsque le Dalaï-Lama a été interrogé sur ce problème de suicide, sa réponse fut cinglante et je la résume par ceci : "il faut de la sagesse dans la pratique du Dharma..." !

Ainsi, de façon claire, en tout cas l'adepte authentique devrait s'y exercer, il est fondamental de retenir et assimiler que les émotions, quelconques, sont entachées de la saisie d'un "je", et par conséquent, de chercher à les transcender au plus haut niveau.....

A suivre si vous le voulez bien. :lol:
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Re: Profonde Subtilité

Message non lupar Minh Thọ » 12 Juin 2012 19:13

.... continuons un peu ! Qu'en dites-vous ?

Dans mon premier message, qui date il est vrai, j'ai souligné l'importance de développer la sagesse, laquelle est voilée par les émotions résultant de la croyance en le "je" et qui peuvent conduire à des actes graves de conséquences karmiques.

L'importance de la sagesse implique bien évidemment, qu'il faille souhaiter la développer en prenant appui sur l'exemple des sages passés dont bien sûr le Bouddha qui est 'le Grand Sage'.

Ainsi, un adepte de la Voie de l'Éveil devrait connaître l'histoire du Bouddha Sakyamuni et notamment savoir que son plus éminent disciple fut Sariputra. Parmi tous les disciples auditeurs, il était réputé comme insurpassé de par sa sagesse. Néanmoins, sa sagesse à côté de celle du Bouddha, était comparable à celle d'un enfant. En témoigne cette histoire que je vous rapporte :

Un jour, le Bouddha demeurait au bosquet de Jeta. Quand l'heure du repas vint, il se mit en marche pour mendier la nourriture. Sariputra le suivait. A ce moment, un faucon poursuivait un pigeon. Le pigeon vola en direction du Bouddha et se tint à côté de lui. Lorsque le Bouddha passa à côté du pigeon, son ombre couvrit le pigeon et ce dernier devint calme et sa peur disparut immédiatement. Il cessa de pousser des cris rauques. Puis, quand fut le tour de l'ombre de Sariputra, le pigeon retomba dans la frayeur et se mit à nouveau à trembler en poussant des cris rauques.
Voyant cela, Sariputra s'adressa au Bouddha en disant, "Le Bouddha et moi, nous sommes libérés des trois poisons. Pourquoi alors, le pigeon est devenu calme une fois couvert dans l'ombre du Bouddha tandis que dans mon ombre, il était toujours effrayé ?"
Le Bouddha lui répondit, "Dans votre cas, les propensions résiduelles associées aux trois poisons n'ont pas encore bien été éradiquées. Pour cette raison, le pigeon n'a pas vu sa frayeur disparaître quand votre ombre est passée sur lui. Maintenant, si vous contemplez les causes et les conditions associées à ce pigeon, depuis combien de vies passées pensez-vous que ce pigeon a été un pigeon ?"
Sur ce, Sariputra entra immédiatement dans le samadhi nommé 'souvenir de vie passée' et observa que ce pigeon avait été un pigeon durant une vie, deux vies, etc., jusqu'à des vies s'étalant sur 80 000 grands kalpas. Au-delà de cette longue période, sa capacité ne lui permettait plus de voir les vies passées de ce pigeon.
Alors le Bouddha lui dit, "Bien, si vous ne pouvez pas voir au-delà de cette période, essayez de contempler les vies futures de ce pigeon et observer combien de temps il lui faudra pour gagner la libération."
Sariputra immédiatement entra dans le samadhi nommé 'quête de connaissance du futur'. Il observa que durant une vie, deux vies, etc., jusqu'à des vies s'étalant sur 80 000 grands kalpas, ce pigeon sera toujours prisonnier de sa condition de pigeon. Au-delà ce cette période, pareillement, sa capacité ne lui permettait plus de voir.
Il sortit de son samadhi et s'adressa au Bouddha pour lui dire qu'il ne voyait pas les circonstances au-delà de cette longue période et donc quand le pigeon pourrait être libéré.
Le Bouddha lui dit, "Les circonstances associées à ce pigeon s'étendent bien au-delà des limites que peuvent atteindre les sravakas et pratyeka-bouddhas. Pendant des kalpas supplémentaires aussi nombreux que les sables du Gange, ce pigeon continuera à renaître comme pigeon. Puis, une fois l'épuisement de ses mauvaises rétributions karmiques, il échappera à cette circonstance. Il errera dans les cinq destinées avant de devenir un humain. Après cinq cent vies humaines, il réussira à développer des facultés vives.
"A cette époque, il y aura un Bouddha qui apparaîtra pour délivrer des asamkhyeyas innombrables d'êtres avant d'entrer en nirvana sans résidu. Grâce à son Dharma présent dans le monde, cet individu (le pigeon autrefois), deviendra un upasaka aux cinq préceptes qui entendra un bhiksu faire l'éloge des mérites et qualités du Bouddha. A ce moment précis, il générera la forte aspiration de devenir un Bouddha. Puis, après une période de trois asamkhyeyas kalpas, il cultivera les six perfections, accomplira les pratiques associées aux Dix Terres et finalement deviendra un Bouddha. Après avoir délivré d'innombrables êtres, il entrera à son tour en nirvana sans résidu."
Sariputra se repentit alors face au Bouddha,"Je suis incapable de connaître même les origines et la destinée de ce pigeon. Combien moins puis-je sonder tous les dharmas. Si j'étais capable de gagner la connaissance comparable à une telle sagesse que le Bouddha possède, alors, comme prix pour gagner la sagesse du Bouddha, je ne trouverais aucune difficulté démesurée à pénétrer dans les enfers et endurer des kalpas innombrables de souffrance."

A travers cette belle histoire, qui touche aussi le sujet de la rétribution karmique, la sagesse du Bouddha vers laquelle nous voulons tendre, apparaît bien plus qu'une connaissance ou un savoir ordinaire. Elle est synonyme de connaissance transcendantale, supra-mondaine, et d'omniscience résultant de la purification complète des trois poisons ! Elle est au-delà des mots et semblable à une aura illimitée qui couvre toute la sphère spatiale et temporelle du samsara. L'ombre du Bouddha qui était comme une douce main protectrice réconfortant le pigeon est une belle illustration.

Alors qui n'aurait pas l'envie d'atteindre cette sagesse ? Est-il besoin d'amasser des connaissances inutiles, lesquelles sont alimentées par une forte saisi du "je", comme les externalistes et autres quêteurs ignorants ?

A suivre..... :wink:
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Re: Profonde Subtilité

Message non lupar Minh Thọ » 17 Juin 2012 13:10

...continuons un peu !

Dans l'histoire précédente, laquelle illustre brièvement la sagesse omnisciente du Bouddha, la sagesse de Sariputra à côté était comparable à celle d'un enfant. Pour autant et mis à part le Bouddha, Sariputra était doté d'une très grande sagesse et sans doute insurpassée parmi tous les êtres sensibles du monde.

En témoigne ce verset du Bouddha qui fait l'éloge de Sariputra :

"Si on devait considérer la sagesse d'un être quelconque,
Ceci excepté le Bouddha,
Et si on désirait la comparer à celle de Sariputra,
Sa sagesse et sa connaissance sont telles que,
Supposons qu'elles représentent seize parts,
Cet être quelconque ne posséderait même pas une seule part."


Connaissez-vous l'histoire de Sariputra et sa rencontre avec le Bouddha ? Rares, je pense, sont les personnes qui la connaissent.

Voici brièvement :

A l'âge de huit ans, il était déjà capable de réciter de mémoire les dix -huit classiques et était capable de comprendre en profondeur les principes et les textes associés.
A cette époque, dans l'état de Magadha, il y avait deux frères roi-dragons, l'un était nommé Giri et l'autre nommé Agra. Ils faisaient pleuvoir selon les saisons de façon à éviter les années pénibles de sécheresse. La population leur était très reconnaissante et toujours se rassemblait à la demeure des dragons à la seconde pleine lune du printemps pour les célébrer d'un grand festival. A ces occasions, il y avait de la musique et des débats philosophiques qui duraient toute la journée. Ceci avait été une coutume inchangée depuis des temps anciens.
A ces occasions, l'habitude était prise de dresser quatre sièges d'honneur, l'un pour le Roi, le second pour le Prince, le troisième pour le Premier Ministre, et le quatrième pour le maître des dialectiques.
Alors, Sariputra demanda à l'assemblée, "Pour qui sont ces quatre sièges d'honneur ?"
Les gens répondirent, "Ils ont été préparés pour le Roi, le Prince, le premier Ministre et un maître des dialectiques."
Sur ce, Sariputra évalua la physionomie de tous les brahmanes et des autres présents, observa qu'aucun n'était supérieur à lui, et alla s'asseoir sur le dernier siège dans une position de lotus parfaite.
Les gens assemblés furent frappés du doute et de la consternation, et pensèrent en eux que celui-ci devait être soit un petit ignorant fou ou quelqu'un doté d'une sagesse insurpassée parmi les hommes.
Bien qu'ils admiraient sa conduite spirituelle extraordinaire, chacun d'eux restait fier de lui-même. Embarrassés par sa jeunesse, ils ne s'adressaient pas à lui directement, mais plutôt, envoyaient un jeune disciple pour lui soumettre des questions. La signification, le phrasé, et le principe derrière chacune de ses réponses surpassaient hautement le savoir des hommes ordinaires. A cette époque, les dialecticiens s'exclamaient de ce qu'ils n'avaient jamais vu auparavant. Le fou, le sage, l'ancien, et le jeune, tous étaient pleins d'humilité.
A cette époque, vivait un homme, le fils d'un médium, dont le nom personnel était Kolita et dont le nom de famille était Mahamaudgalyayana. Sariputra se lia d'amitié et grandit avec lui. Le talent et l'intelligence de Sariputra étaient universellement estimés même si le caractère extraordinaire de Mahamaudgalyayana était le plus acclamé. Ces deux hommes étaient comparables de talent et de sagesse et étaient de pairs dans la pratique de la vertu. Quand ils voyageaient, ils restaient toujours ensemble et quand ils séjournaient, ils restaient toujours proche l'un de l'autre. Ils s'étaient engagés à un pacte d'amitié à vie.
Plus tard, ils renoncèrent ensemble à la vie mondaine et quittèrent la maison pour étudier la Voie, chacun devenant disciple d'un brahmacarin particulier. Ils cherchaient à entrer dans la Voie, mais même après une longue période, ils ne trouvèrent aucune subtilité à travers les études avec lui et alors le questionnèrent à ce sujet. Leur guru, nommé Sanjaya, leur répondit, "J'ai recherché la Voie pendant des années maintenant et je ne sais toujours pas si j'ai obtenu ou non le fruit de la Voie. Se pourrait-il que je ne sois pas l'homme pour cela, et ainsi, même en dépit de mes efforts, que je ne puisse pas réussir ?"
Plus tard, le guru fut frappé de maladie. Sariputra se tint en tête du lit et Mahamaudgalyayana en queue de lit. Luttant pour respirer, la vie du guru, était sur le point de prendre fin quand il soupira avec tristesse et ensuite rit. Les deux hommes demandèrent la raison du rire, ce à quoi le guru répondit, "Les gens ordinaires du monde n'ont pas d'yeux. Ils ont été dévastés par l'amour. Je peux observer maintenant que le Roi Suvarnabhumi est mort et que sa femme s'est jetée dans le bûcher, recherchant à renaître avec lui. Mais les actions et les rétributions de chacune de ces personnes sont vraiment différentes et donc leur lieu de renaissance seront vraiment distants."...
Ils se firent le vœu que celui qui trouvera en premier la douce rosée d'ambroisie, devra la partager avec l'autre.
A cette époque, le Bouddha avait croisé les frères Kasyapas et leur millier de fidèles et s'était mis en route vers les états voisins avant d'arriver à Rajagrha où il fit une pause et resta au bosquet de bambou. Cependant, nos deux maîtres brahmacarin avaient entendu parler de la venue du Bouddha dans le monde et se rendirent ensemble à Rajagrha pour en savoir plus à son sujet.
Il y avait à cette époque, un Bhiksu nommé Asvajit (l'un des cinq bhiksus) qui avait redressé ses robes, prit son bol à aumône, et était entré dans la ville pour demander l'aumône. Sariputra observa sa conduite et sa tenue, sa contenance extraordinaire, et le fait que tous ses sens étaient calmes et tranquilles.
Il s'approcha de lui et demanda,"De qui êtes-vous le disciple ? Quel est votre maître ?"
Le moine répondit, "Il est le prince du clan Sakyan qui s'est lassé des souffrances de la vieillesse, de la maladie et de la mort, et qui en conséquence a quitté la vie de famille, étudié la Voie et réalisé l'anuttarasamyaksambodhi. C'est lui mon guru."
Sariputra demanda, "Ce que votre guru enseigne et vous transmet, de grâce, faites m'en part."
Le moine immédiatement répondit sous forme de verset, en disant :

"Parce que dans les années je suis si jeune
Et parce que mon temps dans l'étude a également été préliminaire et peu profond,
Comment pourrais-je annoncer ce qui est finalement vrai,
Et largement parler de la signification du Tathagata ?"


Sariputra dit, "Brièvement, parlez-moi des essentiels."
Le moine Asvajit répondit :

"Tous les dharmas sont produits de causes et conditions.
Ces dharmas – Il explique leurs causes et leurs conditions.
Ces dharmas prennent fin à travers des causes et des conditions.
Le Grand Guru les explique de cette manière."


Quand Sariputra entendit ce verset, il réalisa immédiatement le niveau initial de la Voie. Il retourna rapporter son expérience à Mahamaudgalyayana. Mahamaudgalyayana pouvait voir que la contenance de Sariputra était harmonieuse et rayonnante et lui demanda, "As-tu obtenu la saveur de la douce rosée d'ambroisie ? Explique-moi !"
Sariputra énonça alors le verset entendu. Mahamaudgalyayana lui demanda, "Énonce-la moi encore !" Sariputra répéta une seconde fois et Mahamaudgalyayana aussi réalisa le niveau initial de la Voie.
Après quoi, les deux maîtres ensemble se rendirent auprès du Bouddha, chacun emmenant ses deux cent cinquante disciples. Quand le Bouddha observa à distance l'arrivée de ces deux disciples, il demanda aux disciples présents, " Voyez-vous ces deux hommes à la tête de tous ces brahmacarins ?"
Les Bhiksus répondirent, "Oui, nous les avons observés."
Le Bouddha dit, "De ces deux hommes, l'un est le plus éminent en sagesse de mes disciples et l'autre le plus éminent dans le développement des pouvoirs spirituels."
Ce grand groupe de disciples s'approcha du Bouddha. Une fois près du Bouddha, ils lui rendirent hommage, se tinrent d'un côté et s'adressèrent à lui, "Bhagavan, nous souhaitons tous quitter la vie de famille, prendre les préceptes sous les auspices du Bouddha Dharma."
Le Bouddha dit, "Venez, O Bhiksus." Immédiatement, leurs cheveux et barbes spontanément tombèrent, ils se vêtirent de la robe et du bol, et prirent les préceptes moraux. Après seulement un mois et demi, quand le Bouddha parla du Dharma pour le salut du brahmacarin nommé Dirghanakha (Longs ongles), Sariputra réalisa la Voie de l'Arhat !

Ce récit est plein d'enseignements. Qui dans cette vie peut prétendre atteindre le fruit de l'Arhat en un mois et demi ? Sariputra a planté d'innombrables bonnes racines au cours de ses vies passés, pour devenir le premier des disciples du Bouddha. Bien qu'étant devenu très vite 'qu'un Arhat-Sravaka', de par sa sagesse, le Bouddha avait choisi de s'adresser en premier à Sariputra pour exposer les enseignements très profonds de la fameuse prajnaparamita ou connaissance transcendante, la sixième perfection qui fait l'objet de ce fil. Dans bien des sutras, la sagesse de Sariputra apparaît. Une illustration ?

A suivre ! Patience. :lol:
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