Veiller sur la parole, contrôler l'esprit, s'abstenir des actes mauvais :
qu'on se purifie par ces trois moyens d'action pour atteindre le sentier déclaré par les sages. Bouddha Shakyamuni
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La mort et la famille

Comment aider les personnes en fin de vie ?
Qu'est-ce que la mort selon le Bouddha ? ...

La mort et la famille

Message non lupar Viviane » 02 Sep 2010 01:22

Bonsoir ou bonjour

Je viens de lire les fils concernant la mort, parce que, en ce moment, nous vivons en attendant la mort d'une cousine que nous aimons. Je suis la seule bouddhiste, la seule croyante en "quelque chose"... Elle est tout simplement athée et après la mort, c'est fini...

J'ai déjà vécu la mort d'une amie l'année dernière, mais ici, c'est différent, tout le monde pleure déjà !

Je voudrais me préparer à cette mort pour pouvoir la vivre avec elle.
Pour l'instant, quand je suis près d'elle, c'est le mani qui me vient tout seul.

Un ami bouddhiste m'a dit qu'il ne faudra pas pleurer lorsqu'elle partira et empêcher les membres de la famille de pleurer : ça, je ne me vois pas le faire !

Et "faire powa" : là, je ne sais pas non plus, je n'ai pas été initiée, mais il parait (toujours d'après lui), qu'on peut le faire (???)
Là aussi, je me pose la question : peut-on faire un transfert de conscience sans le consentement de la personne ? Il m'a été répondu que si je voyais un accidenté sur la route, je lui porterais secours.

Vu que je m'y perds, c'est vers vous que je me tourne pour savoir où est le vrai et le faux.

Merci d'avance :D
Viviane
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Message non lupar Minh Thọ » 03 Sep 2010 14:12

Bonjour Viviane,

Si vous avez lu ou relu attentivement les fils, vous y trouverez déjà des éléments essentiels pour préparer la mort de votre cousine.

Ne pas pleurer ? Agir en sorte que les proches ne se lamentent pas autour du malade et défunt ? Prier pour elle ? Vous devriez déjà le savoir.

Il est vrai qu’en tant que bouddhiste, il est plus facile d’accompagner une personne mourante bouddhiste qu’une mourante athée.
Si elle est encore consciente et parle, vous devriez agir de façon à ce qu’elle ne laisse émerger aucune pensée négatives (colère, haine, rancune, etc.). Soyez à l’écoute de ce qu’elle dit et ressent, et en fonction de son état d’ouverture d’esprit, essayer de lui parler de certains enseignements véridiques du Dharma sans dire qu’il s’agit forcément du bouddhisme, sur le sujet de l’impermanence de tous les phénomènes, de la naissance et la mort comme processus naturel ou du corps comme étant composé des cinq agrégats. Le Bouddha Shakyamuni fit de même à l’égard de son disciple laïc grand bienfaiteur Anathapindika qui souffrait sur son lit de mort. Ce dernier reprit naissance en tant que Deva et revint se manifester rapidement pour rendre hommage aux pieds du Bouddha. Demandez-lui ce qu’elle souhaite voir accomplir avant de mourir et agissez en conséquence si cela est possible et orienté dans le sens du bien d’autrui. Encouragez-la à accomplir de bonnes actions avant de quitter son corps et dites-lui que la mort n’est pas la fin définitive. Développez en fonction de sa curiosité et réceptivité. Parlez-lui du pardon si elle a de la rancune envers une personne quelconque en insistant sur le bien qui existe au fond de chacun des êtres....

Si elle n’est plus consciente et ne peut plus parler, méditez vous-même sur les points ci-dessus afin de développer plus la compassion, laquelle pourra être ressentie par la personne mourante. Réciter le mani est aussi une bonne chose. Si vous pouvez être proche d’elle une fois le dernier souffle passé, ce serait excellent. Dans ce cas, récitez ce mani à voix haute si possible et formulez le vœu sincère qu’elle puisse renaître en la Terre Pure de l’Ouest. Le corps mental perçoit et comprend très bien même si de son vivant, elle était athée. N’oubliez pas ensuite les 49 jours dont les 7 premiers jours sont fondamentaux pour fermer les portes des renaissances inférieures. Le corps ne doit pas être touché pendant les 8 premières heures qui suivent le décès. Accumulez des mérites pour elle et encouragez les proches à en faire de même....

Pour ce qui est du « Powa », faire le transfert de conscience d’une personne défunte et qui est athée ne concerne que les personnes hautement avancées. Par conséquent, ce « pratiquant » dont vous parlez, a sans doute un peu trop de prétention. Pour faire le « Powa » à une personne, il faut maîtriser la pratique au point de pouvoir se la faire à soi-même, même en étant vivant ! Je doute que vous, et le pratiquant, soyez à ce niveau d’habilité. Être simplement initié ne suffit pas.

Voilà en bref.

A bientôt.
Minh Thọ
 
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Message non lupar Viviane » 03 Sep 2010 15:08

Merci beaucoup Minh Tho
Elle est consciente, se fait un tas de "bile" comme on dit sur tout le matériel qui n'est pas réglé. Je lui ai suggéré hier de "mettre ces affaires là en ordre" et j'ai entendu des remontrances de la famille qui m'a reproché d'avoir dit cela. Pour eux, il faut au contraire lui faire croire qu'elle va guérir... ce dont je ne suis pas d'accord.
Ils m'ont fait comprendre que dans ce cas, il vaut mieux que je ne revienne pas...
Donc, je prie chez moi pour elle : que puis-je faire d'autre ?
et en plus, je suis triste parce que j'ai cru bien faire, justement, pour qu'elle soit sereine.
Théoriquement, je vous comprends qu'il ne faut pas toucher la personne décédée, mais je pense que c'est quelque chose d'impossible, vu qu'il y a tout de suite la toilette mortuaire, à moins que la personne ne décède chez elle et qu'il faut attendre le lendemain pour avoir les Pompes Funèbres !
De toute façon, pour cette cousine, ce ne sera pas moi qui pourra dire quelque chose !
Petite question pour comprendre : pourquoi ne faut-il pas pleurer ? Ça ne changera rien à la personne décédée et c'est une façon comme une autre de sortir sa souffrance.
Je sais que "le pratiquant" a empêché sa fille de pleurer à la mort de sa mère, elle ne l'a toujours pas compris. Vu qu'elle m'en parle souvent, je pourrais peut-être lui expliquer. Merci d'avance
Viviane
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Message non lupar Minh Thọ » 03 Sep 2010 19:10

Avec cette famille, vous faites l’expérience de ce que l’on appelle le karma obstructif familial.
La portée de votre aide ne dépendra que de l’affinité que vous avez avec cette personne malade. Est-elle en bonne entente avec ses proches ? Écoute-t-elle plus sa famille que vous ? Sais-t-elle qu’elle est condamnée ? Il faudra bien lui dire la réalité un jour si elle l’ignore. Peu importe ce que dit la famille. Si elle souhaite vous voir et vous écouter, continuez à l’aider à régler ses problèmes matériels car autrement, sa future vie sera vite déterminée !

Maintenant, ne soyez pas trop triste au point de relâcher vos efforts dans l’accompagnement. Si la famille se dresse comme obstacle, cela relève aussi du karma de cette personne malade athée. Sachez qu’au temps du Bouddha Shakyamuni, un paysan ne put voir le Bouddha qui passait à côté de lui à cause de son karma très lourd ! Il détournait toujours la tête. Incroyable ! Vous êtes porteuse de l’enseignement du Bouddha et malgré votre bonne volonté, vous n’avez pas la capacité de surmonter tous les obstacles. Développez ainsi la patience.

L’année dernière, j’ai accompagné un pratiquant bouddhiste sur le point de mourir sur son lit à domicile. Il s’est éteint dans la matinée vers 10h30 et son corps est resté couvert d’un tissu protecteur dharmique jusqu’à 20h environ avant la relève des pompes funèbres. Cela est sans doute idéal. Si cette personne meurt en hôpital, vous pourriez toujours demander au corps médical d’éviter de brusquer le corps autant que possible. Si cette personne sait qu’elle va fatalement mourir, elle devrait développer la volonté de s’éteindre chez elle. Si votre affinité vous le permet, vous pourriez l’encourager dans ce sens.

A votre question, « pourquoi il ne faut pas pleurer ? », je vous ai déjà donné des explications dans les fils précédents. Les pleurs sont perçus par le corps mental du défunt et développent en lui la volonté de revenir à la vie, suscitent le désir-attachement, la détresse de ne pas pouvoir être entendu, etc., et donc sous l’emprise de l’angoisse, et autres émotions perturbatrices se fait emporté dans les royaumes inférieurs. Le pire pour le corps est de développer de la colère en entendant les querelles de la famille sur l’héritage par exemple. Tout faire pour que la personne meure en paix est crucial. N’oubliez jamais cela !!!
Pour la fille, selon son âge, vous pourriez lui dire que sa mère a quitté son corps pour revivre dans un autre corps. Que pleurer, l'empêche de partir ailleurs et la fait souffrir de ne pas pouvoir l'emmener avec elle car elle entend tout et voit tout.....

A bientôt.
Minh Thọ
 
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Message non lupar Viviane » 03 Sep 2010 19:26

Merci une fois de plus.

Je fais malheureusement partie de la famille... mais son fils vient de venir me demander d'aller à 20h, car elle veut me voir. Personne que lui ne sera donc à la maison, je verrai ce qu'elle veut me dire.

Oui, elle n'est pas bête et sait qu'elle ne verra pas la fin de l'année, mais ses proches (parents, beaux parents, frères et soeurs) font ceux qui croient en la médecine et qu'elle va guérir.

Je verrais et je vais commencer à dire le mani pour être inspirée toute à l'heure.

Merci à vous et bonne soirée. Je vous retrouve s'il se pose un problème.
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Re: La mort et la famille

Message non lupar Minh Chau » 28 Nov 2010 21:52

Bonsoir,

Si votre famille est athée, la lecture d'un livre tel que "L'homme superlumineux" du Professeur Régis Dutheil, éditions Sand peut aider. Il existe aujourd'hui une littérature provenant de médecins urgentistes qui ont été confrontés aux récits de morts imminentes...Certains étaient en mort cérébrale et ont vu toute l'intervention, décrit le dessous de la table...Cela rejoint les connaissances anciennes et peut peut-être aider un(e) athé(e). Dans les temps anciens la préparation au voyage était indispensable (livre des morts Égyptiens et Tibétain, il existait même un livre pour les chrétiens, mais j'ai oublié le nom, cela fait partie des "ars moriandis".
Sinon, il reste la pratique de ce qui vous a été conseillé.
Bon courage.
Minh Chau
 
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