Amitabha Roue Dharma Amitabha

L’Enfermement de la Reine Vaidehī


C’est alors que Ajātaśatru demanda au garde, ”Est-ce que mon père est encore en vie ?”

Le garde répliqua, "Grand roi, sa reine déverse de la pâte de blé sur son corps et remplit ses ornements de jus de raisin et offre tout cela au roi. Les moines Mahāmaudgalyāyana et Pūrṇa viennent ici par les airs pour lui exposer le Dharma. Il est impossible de les arrêter."

En entendant cela, Ajātaśatru devint furieux à l’encontre de sa mère et dit, "Parce que tu es une complice de cet ennemi, mère, tu es aussi toi une ennemie. Ces moines sont des diables, parce qu’avec leur magie illusoire ils ont gardé en vie ce sorcier de roi en vie pendant des jours." Ayant ainsi dit, il brandit son épée avec l’intention de la tuer.

À cette époque, le roi avait un ministre nommé Candraprabha, qui était intelligent et sage. Avec Jīvaka, il gardait obéissance envers le roi et lui disait, "Grand roi, d’après un certain écrit védique, depuis le commencement de cette période cosmique, il y a eu dix huit mille mauvais rois qui ont tué leur père à l’encontre de leur désir pour usurper le trône, mais nous n’avons jamais entendu parler de quiconque a commis l’outrage de tuer sa mère. Notre majesté, si vous commettez un tel outrage, vous allez provoquer la disgrâce à l’encontre de la classe ksatriya. En tant que vos ministres, nous ne pourrons supporter d’entendre ce que diront les gens. Comme cela serait l’acte d’un hors caste, nous ne pouvons plus longtemps rester ici."  

Ayant parlé ainsi, les deux ministres saisirent leurs épées et reculèrent. Agité et effrayé, Ajātaśatru s’adressa à Jīvaka, "N’es-tu pas de mon côté ?"

Jīvaka répliqua, "Votre majesté, s’il vous plait, réfrénez votre ardeur et ne tuer pas votre mère."

Entendant cela, le roi se repentit et leur demanda pardon. Après avoir jeté son épée, il s’arrêta à temps de tuer sa mère et, à la place, ordonna aux officiels de la cour de l’enfermer dans une chambre intérieure et de l’interdire de la quitter.


Bouddha Śākyamuni Rend Visite à Vaidehī


Vaidehī, ainsi emprisonnée, devint émaciée de peine et de désespoir. Faisant face au pic du vautour, elle pria le Bouddha au loin et dit, "Ô Tathāgata, L’Unique Honoré-du-Monde, vous aviez comme habitude d’envoyer Ānanda pour me réconforter. Maintenant, je suis dans une profonde tristesse et détresse. Puisqu’il n’y a aucune possibilité pour moi de voir votre auguste visage, Honoré-du-Monde, je vous supplie de m’envoyer le Vénérable Mahāmaudgalyāyana et le Vénérable Ānanda ici pour me voir."

Quand elle eut fini de prononcer ces mots, des larmes de chagrin perlèrent sur ses joues comme la pluie. Alors elle s’inclina en direction du Bouddha au loin. Avant même qu’elle ne lève sa tête, l’Unique Honoré-du-Monde, qui demeurait alors sur le pic du vautour, connaissait les pensées de Vaidehī et immédiatement ordonna à Mahāmaudgalyāyana et Ānanda de la rejoindre par les airs ; lui même disparut de la montagne et réapparut dans la chambre intérieure du palais royal.

Après l’avoir salué avec révérence, Vaidehī leva la tête et vit le Bouddha Śākyamuni, l’Unique Honoré-du-Monde. Il était de la couleur d’or pourpre et assis sur une fleur de lotus à cent pétales. Il était assisté de Mahāmaudgalyāyana à sa gauche et d’Ānanda à sa droite. Śakra, Brahmâ, le gardien des dieux du monde et d’autres devas se tenaient dans les airs autour de lui. Dispersant des pluies de fleurs célestes, ils rendirent hommage au Bouddha.

Quand elle vit l’Unique Honoré-du-Monde, Vaidehī arracha tous ses ornements et se prosterna sur le sol. Pleurant amèrement, elle dit au Bouddha, "Ô Unique Honoré-du-Monde, quelle mauvais karma ai-je commis dans mes vies passées qui m’ont fait mettre au monde un tel mauvais garçon ? Je me demande, Unique Honoré-du-Monde, quelles relations karmiques ont fait de Devadatta un membre de votre famille ?

  

Vaidehī Souhaite Renaître en la Terre du Bouddha Amitābha


"Je vous conjure, Honoré-du-Monde, de me révéler une terre où je pourrais reprendre naissance, où il n’y a aucune tristesse et aucune affliction. Je ne veux plus vivre dans ce mauvais monde de Jambudvipa où l’on trouve les enfers, les royaumes des esprits affamés, les animaux et beaucoup de mauvais êtres. Je souhaite dans le futur ne plus entendre de méchants mots ou rencontrer des gens malfaisants. Unique Honoré-du-Monde, Je m’agenouille à présent et vous supplie de me prendre en pitié. Je vous fais la requête, vous, o Bouddha lumineux comme le soleil, de m’enseigner comment visualiser une terre d’une perfection karmique pure."

Alors, l’Unique Honoré-du-Monde émit vers l’avant d’entre ses sourcils un flot de lumière, qui était de la couleur d’or et illuminait les innombrables mondes des dix directions. Revenant vers le Bouddha, la lumière s’établit au dessus de sa tête et se transforma en une estrade en or ressemblant au mont Sumeru. Sur l’estrade, apparurent les terres pures et resplendissantes de tous les bouddhas dans les dix directions. Certaines étaient faites des sept joyaux, certaines uniquement de fleurs de lotus ; certaines ressemblaient au palais dans le ciel de la Joie Libre de Manifestation par les Autres, tandis que certaines étaient comme un miroir dans lequel toutes les terres des dix directions étaient reflétées. D’innombrables terres de bouddha comme cela, glorieuses et magnifiques, furent étalées à son regard.

Vaidehī dit alors au Bouddha, "Ô Unique Honoré-du-Monde, ces terres de bouddha sont pures et libres de souillure, et toutes sont resplendissantes. Mais je souhaite renaître dans la terre de grande félicité d’Amitāyus. Je vous supplie vous, Unique Honoré-du-Monde, de m’enseigner la façon de contempler cette terre et de réaliser l’état de samādhi."  


Lumière Émise de la Bouche du Bouddha Śākyamuni


L’Unique Honoré-du-Monde sourit, et de sa bouche sortirent des rayons de lumière de cinq couleurs, chacune brillant au dessus de la tête du roi Bimbisāra. Bien que le roi fût emprisonné, avec son œil divin il vit l’Unique Honoré-du-Monde à distance. Il s’agenouilla en hommage au Bouddha et sans effort fit des progrès spirituels jusqu’à atteindre le stade de non retour.


Trois Actions Vertueuses pour Renaître en la Terre Pure


Alors l’Unique Honoré-du-Monde s’adressa à Vaidehī, "Sais-tu qu’Amitāyus n’est pas loin ? Concentre tes pensées et contemple cette terre de Bouddha, de cette façon tu accompliras les actes purs. Je vais te la décrire en détails avec des illustrations différentes, de sorte que tous les êtres ordinaires dans le futur qui souhaitent pratiquer le pur karma puissent aussi renaître dans cette terre de l’Ouest de suprême félicité. Quiconque souhaite y renaître devrait pratiquer trois actes méritoires : le premier, prendre soins de ses parents, porter assistance à ses maîtres et aînés, avec compassion s’arrêter de tuer, et pratiquer les dix bonnes actions ; le second, prendre refuge en les trois joyaux, garder les nombreux préceptes et s’abstenir de violer les règles de conduite ; et le troisième, générer l’aspiration à l’Éveil suprême, en croyant profondément à la loi de causalité, en chantant et récitant les sūtras mahayana et en encourageant les gens à suivre leurs instructions. Ces trois actions sont appelées le pur karma."

Le Bouddha de plus dit à Vaidehī, "Sais-tu que ces trois actions sont le pure karma pratiqué par tous les bouddhas du passé, du présent et du futur comme étant la cause juste de l’éveil ?"

 

Vaidehī Demande Comment Visualiser la Terre Pure


Le Bouddha s’adressa à Ānanda et Vaidehī, "Écoutez attentivement, écoutez attentivement et méditez profondément. Moi, le Tathāgata, je vais discourir sur le pur karma pour le salut des êtres sensibles du futur qui sont affligés par l’ennemi et les passions viles. Cela est très bien Vaidehī, que tu m’ais demandé cela volontairement. Ānanda, tu dois recevoir et garder les mots du Bouddha et les proclamer largement à la multitude des êtres. Moi, le Tathāgata, je vais maintenant t’enseigner, Vaidehī, et à tous les êtres sensibles du futur comment visualiser la Terre de Suprême Félicité de l’Ouest. Par le pouvoir du Bouddha, tous pourront voir la terre pure aussi clairement que s‘ils se regardaient dans un clair miroir. Voyant la suprême beauté et le bonheur de cette terre, ils se réjouiront et immédiatement réaliseront la vue pénétrante de la non-émergence des dharmas."

Le Bouddha dit à Vaidehī, "Tu n’es pas une éveillée, et ainsi tes pouvoirs spirituels sont faibles et obscurcis. Puisque tu n’as pas obtenu l’œil divin, tu ne peux voir ce qui est distant. Mais les bouddhas, Tathāgatas, ont des moyens spéciaux pour te permettre de voir loin."

Vaidehī répondit au Bouddha, "Unique Honoré-du-Monde, grâce au pouvoir du Bouddha, je peux même voir maintenant cette terre. Mais après le départ du Bouddha, les êtres sensibles deviendront souillés et mauvais, et opprimés par les cinq formes de souffrances. Comment alors tous ces êtres sensibles pourront voir la terre de suprême félicité d’Amitāyus ?"


Les Treize Contemplations


1) Contemplation du coucher de soleil


Le Bouddha dit à Vaidehī, "Toi et les autres êtres sensibles devriez vous concentrer et, avec une attention focalisée, tourner vos pensées vers l’Ouest. Comment contempler ? Tous les êtres sensibles, excepté ceux qui sont nés aveugles, c'est-à-dire ceux qui ont la faculté de la vue, devraient regarder le soleil couchant. Asseyez-vous dans une bonne posture, face à l’Ouest. Clairement, fixez le soleil, avec un esprit fermement arrêté sur lui ; concentrez votre esprit et ne le laissez pas divaguer du soleil, qui ressemble à un tambour suspendu au dessus de l’horizon. Après cela, vous devriez être capable de le voir clairement que vos yeux soient ouverts ou fermés. Ceci est la visualisation du soleil et elle est connue comme la première contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


2) Contemplation de l’eau


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Après avoir accompli la première contemplation, la pratique suivante est la visualisation de l’eau. Imaginez la partie Ouest entièrement couverte d’eau. Alors visualisez l’eau comme claire et pure, et maintenez cette vision distinctement. Gardez vos pensées hors de toute distraction. Après avoir visualisé l’eau, imaginez l’eau se transformer en glace. Après avoir visualisé la glace transparente en profondeur, regardez-la se transformer en Béryl. Quand vous aurez atteint cette vision, imaginez ensuite que le sol de béryl brille avec éclat, de l’intérieur et de l’extérieur, et qu’il est supporté de dessous par des colonnes, lesquelles sont faites de diamants et des sept joyaux et sur lesquelles sont suspendues des bannières dorées. Ces colonnes ont huit côtés et huit coins, chaque côté étant orné d’une centaine de joyaux. Chaque joyau émet un millier de rayons de lumière, chaque rayon alternativement prend quatre-vingt-quatre mille couleurs. Comme ils sont reflétés par le sol de Béryl, ils ressemblent à un millier de koṭīs de soleils, tellement étincelants qu’il est impossible de les voir en détail. Sur le sol de béryl, des chemins en or s’inter croisent comme un réseau de cordes. La terre est divisée en régions faites de l’un ou l’autre des sept joyaux, de telle façon que les séparations entre chaque région soient bien distinctes. Chaque joyau émet un flux de lumière de cinq cent couleurs. La lumière apparaît sous la forme d’une fleur de lotus ou d’une étoile ou de la lune ; suspendue dans le ciel, elle se transforme en une estrade de lumière, sur laquelle se trouvent dix millions de pavillons faits d’une centaine de joyaux. Les deux côtés de cette estrade sont ornés d’une centaine de koṭīs de bannières fleuries et d’innombrables instruments de musique. Huit pures brises s’élèvent de la lumière et jouent des instruments de musique, proclamant la vérité de la souffrance, la vacuité, l’impermanence et le non soi. Ceci est la visualisation de l’eau, et est appelée la seconde contemplation."

 

3) Contemplation du sol


"Quand vous aurez réalisé cette contemplation, visualisez chaque objet sans en perdre l’image, que vos yeux soient ouverts ou fermés. Excepté lorsque vous dormez, gardez toujours cela à l’esprit. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."

Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Quand la visualisation de l’eau est accomplie, cela est appelé la perception générale du sol de la terre de suprême félicité. Si vous réalisez le stade de samādhi, vous verrez ce sol si clairement et distinctement qu’il sera impossible de le décrire en détail. Ceci est la visualisation du sol et est appelée la troisième contemplation."

Le Bouddha dit à Ānanda, "Gardes ces mots du Bouddha à l’esprit, et exposes la méthode de visualisation du sol pour le bénéfice de la multitude des êtres du futur qui trouveront l’émancipation au-delà de la souffrance. Si l’on obtient la vision du sol de cette terre, le mauvais karma que l’on a accumulé pendant quatre vingt koṭīs de kalpas dans le saṁsāra sera effacé, et ainsi on renaîtra sans doute dans la terre pure dès la prochaine vie. Ne doute pas de cela. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


4) Contemplation des arbres


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Quand vous aurez accompli la visualisation du sol, contemplez ensuite les arbres de joyaux. Voici comment faire. Visualisez chacun et formez ensuite une image de sept rangées d’arbres, chacun étant haut de huit mille yojanas et orné de fleurs et de feuilles faites des sept joyaux. Chaque fleur et feuille sont de la couleur de divers joyaux. Des fleurs couleur de béryl et des feuilles, se diffuse une lumière dorée. Des fleurs couleur de cristal se diffuse une lumière pourpre. Des fleurs couleur d’agate se diffuse une lumière saphir. Des fleurs couleur de saphir se diffuse une lumière de perle verte. Le corail, l’ambre et tous les autres joyaux servent d’ornements éclairants. De splendides guirlandes de perles couvrent les arbres. Entre ces sept rangées de filets couvrant chaque arbre il y a cinq cents koṭīs de palaces ornés d’exquises fleurs, comme le palace du roi Brahmâ, où des enfants célestes demeurent naturellement. Chacun de ces enfants porte des ornements fait de cinq cents koṭīs de pierres précieuses Sakra-abhilagna-mani, qui brillent à une distance de cinq cent yojanas dans toutes les directions, comme une centaine de koṭīs de soleils et lunes brillant de concert, tel qu’il est impossible de les décrire en détail. De multiples mélanges de joyaux, produisant les plus belles couleurs. Les rangées de ces arbres de joyaux sont arrangées de façon uniforme, et leurs feuilles sont espacées de façon égale. De l’intérieur des feuilles apparaissent des fleurs merveilleuses qui spontanément donnent des fruits faits des sept matières précieuses. Chaque feuille mesure vingt cinq yojanas de longueur et largeur. Comme les ornements célestes, les feuilles sont de milliers de couleurs et d’une centaine de motifs. Ces arbres portent des fleurs merveilleuses qui sont de la couleur de l’or de la rivière Jambu et s’enroulent comme des roues de feu entre les feuilles. De ces fleurs apparaissent des fruits variés, comme du vase de Śakra, et des fruits, se diffusent des flots de lumières, qui se transforment eux-mêmes en bannières et innombrables dais de joyaux. À l’intérieur des dais peuvent être vus tous les reflets de toutes les activités du Bouddha à travers l’univers du millier de millions de mondes. Les terres des bouddhas des dix directions y sont aussi reflétées.

Après avoir vu ces arbres, visualisez chaque détail dans l’ordre : les troncs, branches, feuilles, fleurs et fruits, et maintenez votre vision de l’ensemble de façon claire et distincte. Ceci est la visualisation des arbres, et est appelée la quatrième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


5) Contemplation des étangs


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Quand vous aurez accompli la visualisation de ces arbres, contemplez ensuite les étangs. Voici comment faire. Dans la terre de suprême félicité, on trouve des étangs d’eau aux huit qualités excellentes, chacun fait des sept joyaux qui sont doux et flexible. L’eau, prenant sa source d’un joyau mani-roi qui exauce tous les souhaits, forme quatorze ruisseaux. Chaque ruisseau est de la couleur des sept joyaux. Ses berges sont faites d’or et son lit couvert de sable de diamant de multiples couleurs. Dans chaque ruisseau, soixante koṭīs de fleurs de lotus faites des sept joyaux, sont rondes et symétriques, mesurant douze yojanas de diamètre. L’eau du joyau maṇi s’écoule entre les fleurs et méandre entre les arbres. À chaque ondulation, elle produit des sons exquis, qui proclament les vérités de la souffrance, vacuité, impermanence, non soi et les pāramitās. Son tintement fait aussi l’éloge des caractéristiques et marques des bouddhas. Le joyau roi maṇi qui exauce tous les souhaits émet une splendide lumière d’or, laquelle se transforme en oiseaux ayant les couleurs d’une centaine de joyaux. Leurs sons sont mélodieux et élégants, font constamment l’éloge de la vertu de l’esprit du Bouddha, du Dharma et de la Saṅgha. Ceci est la visualisation de l’eau aux huit qualités excellentes, et est appelée la cinquième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


6) Contemplation d’objets variés


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Dans chaque région de cette terre de joyaux, on trouve cinq cents koṭīs de pavillons de joyaux, dans lesquels d’innombrables devas jouent de la musique céleste. Des instruments de musique suspendus dans le ciel, lesquels, tout comme ceux qui sont sur les bannières célestes en joyaux, spontanément produisent des sons sans même aucun joueur. Chaque son proclame la vertu de l’esprit du Bouddha, du Dharma et de la Saṅgha. Quand cette visualisation est accomplie, elle est appelée la perception générale des arbres de joyaux, du sol de joyaux et des étangs de joyaux de la terre de suprême félicité. Ceci est une visualisation composite et est appelée la sixième contemplation.

Ceux qui ont perçu ces objets seront débarrassés du très mauvais karma qu’ils ont accumulé durant d’innombrables kalpas et certainement, après leur mort, renaîtront en cette terre. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


7) Contemplation du trône de lotus


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Écoutez attentivement, écoutez attentivement et méditez profondément. Je vais vous exposer la méthode pour déraciner la souffrance. Gardez mes mots à l’esprit et expliquez-les à la multitude des êtres."

À peine ces paroles furent-elles prononcées, Amitāyus apparut dans l’air au dessus, assisté à sa gauche et à sa droite par les deux bodhisattvas, Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta. Leur brillance était si radieuse qu’il était impossible de les voir en détail. Ils ne pouvaient pas même être comparés à une centaine de milliers de blocs d’or de la rivière Jambu.

Après avoir reçu cette vision d’Amitāyus, Vaidehī s’agenouilla en adoration au pied du Bouddha Śākyamuni et lui dit, "Unique Honoré-du-Monde, grâce à votre pouvoir j’ai pu voir Amitāyus et les deux bodhisattvas, mais comment les êtres sensibles du futur pourrons-t-ils les voir ?"

Le Bouddha répondit à Vaidehī, "Ceux qui souhaitent voir ce Bouddha devraient former une image d’une fleur de lotus sur un sol fait des sept joyaux. Ils visualisent chaque pétale de cette fleur comme ayant les couleurs d’une centaine de joyaux et quatre-vingt-quatre mille veines, comme une fresque céleste, avec quatre-vingt-quatre mille rayons de lumière émis par chacune de ses veines. Ils devraient visualiser tout cela clairement et distinctement. Ses plus petits pétales mesurent deux cent cinquante yojanas de large et de longueur. Cette fleur de lotus possède quatre-vingt-quatre mille larges pétales. Entre les pétales, une centaine de koṭīs de joyaux roi maṇi comme des ornements lumineux. Chacun émet un millier de rayons de lumière, qui comme des dais des sept joyaux, couvrent la terre entière.

Le dais est fait de joyaux maṇi shakra-abhilagna et décoré de quatre vingt mille diamants, de joyaux de Kimshuka, de joyaux de Brahmâ et aussi d’exquis filets de perles. Sur le dais, quatre colonnes parées de bannières de joyaux se dressent spontanément, chacune apparaissant aussi large qu’un millier de million de koṭīs de mont Sumerus. Sur les colonnes se tient un dais similaire à celui qui se trouve dans le palace du ciel Yama. Elles sont aussi décorées de cinq cents koṭīs de joyaux excellents, chacun émettant quatre-vingt-quatre mille rayons brillant de quatre-vingt-quatre mille différentes teintes de couleur dorée. Chaque rayon doré baigne la terre de joyaux et se transforme partout lui-même en formes variées, telles que des surfaces de diamant, des filets de perles et des faisceaux nébuleux de fleurs. Dans les dix directions, il se transforme en n’importe quelle chose en accord avec nos souhaits, et accomplit l’activité du Bouddha. Ceci est la visualisation du trône de lotus, et est appelé la septième contemplation."

Le Bouddha dit ensuite à Ānanda, "Cette majestueuse fleur de lotus fut originalement produite par le vœu du Bhiksu Dharmākara. Ceux qui souhaitent voir le Bouddha Amitāyus devraient en premier lieu pratiquer cette contemplation du trône de lotus. En faisant cela, ne contemplez pas dans le désordre. Visualisez les objets un par un, chaque pétale, chaque joyau, chaque rayon de lumière, chaque dais et chaque colonne. Voyez tout cela aussi clairement et distinctement que si vous vous regardiez dans un miroir. Quand cette visualisation sera accomplie, le mauvais karma que vous avez commis pendant cinq cent koṭīs de kalpas du saṁsāra s’effacera, et certainement, vous renaîtrez dans la terre de suprême félicité. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


8) Contemplation de l’image d’Amitābha


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Après avoir vu cela, visualisez ensuite le Bouddha. Pourquoi le Bouddha ? Parce que les bouddhas, Tathāgatas, ont des corps cosmiques, et pénètrent ainsi dans l’esprit méditant de chaque être sensible. Pour cette raison, quand vous contemplez un Bouddha, cet esprit lui-même prend la forme de ses trente deux marques majeures et quatre vingt marques mineures. Votre esprit produit l’image du Bouddha, et il est le Bouddha lui-même. L’océan des bouddhas parfaitement et universellement éveillés s’élève ainsi en l’esprit en méditation. Pour cette raison, vous devriez vous concentrer en un seul point et profondément contempler le Bouddha, le Tathāgata, l’Arhat et le Parfait Unique Éveillé.

"Quand vous visualisez le Bouddha, vous devez en premier lieu former son image. Que vos yeux soient ouverts ou fermés, percevez une image de lui semblable à un joyau, qui est de la couleur d’or de la rivière Jambu, assis sur ce trône de fleurs de lotus. Quand vous avez perçu une image du Bouddha assis, l’œil de votre esprit s’ouvrira et vous allez voir clairement et distinctement les sept glorieux objets de joyaux de la terre de suprême félicité, y compris le sol fait des sept joyaux, les étangs de joyaux, les rangées d’arbres de joyaux couverts de rideaux de joyaux célestes et des filets de joyaux éparpillés dans le ciel. Percevez cela aussi clairement et distinctement que si vous regardiez un objet dans la paume de la main.

"Après avoir vu cette image, visualisez sur le côté gauche du Bouddha une grande fleur de lotus, qui est la même que décrite auparavant, et aussi une autre sur le côté droit. Visualisez une image du Bodhisattva Avalokiteśvara sur la fleur de gauche, envoyant une lumière dorée tout comme l’image du Bouddha décrite plus haut, et ensuite une image du Bodhisattva Mahāsthāmaprāpta assis sur la fleur de droite.

"Une fois cette vision acquise, vous allez voir des images de bouddhas et bodhisattvas envoyant des rayons de lumière dorée, qui illuminent les arbres de joyaux. Sous chaque arbre, se trouvent aussi trois fleurs de lotus sur lesquelles le Bouddha et les deux bodhisattvas sont assis, et la terre entière est remplie de ces images.

"Quand vous avez acquis cette vision, vous allez voir les ruisseaux, les rayons de lumière, les arbres de joyaux, des canards, des oies, des canards mandarins mâles et femelles, etc., tous en train d’exposer le merveilleux Dharma. Que ce soit en méditation ou non, vous entendrez toujours le merveilleux Dharma. Quand vous sortez de méditation, vous devez vous souvenir de ce que vous avez entendu, ne pas oublier, et le vérifier avec les sūtras. Si cela n’est pas en accord avec les sūtras, cela doit être identifié comme une illusion, mais si cela est en accord avec les sūtras, cela est appelé l’obtention de la perception générale de la terre de suprême félicité. Ceci est la visualisation de l’image du Bouddha, et est appelé la huitième contemplation. Si vous l’obtenez, le mauvais karma que vous avez accumulé durant d’innombrables koṭīs du saṁsāra sera effacé, en cette vie, vous obtiendrez le samādhi du recueillement du Bouddha. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


9) Contemplation d’Amitābha lui-même


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Après avoir réussi à voir ces images, visualisez les caractéristiques et la lumière d’Amitāyus. Ānanda, tu devrais réaliser que son corps est aussi glorieux qu’un millier de koṭīs de pépites d’or provenant de la rivière Jambu du ciel de Yama et que sa hauteur est de six cents mille koṭīs de nayutas de yojanas multipliés par le nombre de grains de sables des Ganges. La blanche touffe de cheveux bouclés s’enroulant vers la droite entre ses sourcils est cinq fois aussi grande que le mont Sumeru. Ses yeux sont clairs et aussi larges que les quatre océans ; leur iris bleu et blancs sont distincts. De tous les pores de son corps se diffuse un flux de lumière, aussi magnifique que le mont Sumeru. Son auréole est aussi large qu’une centaine de koṭīs d’univers, chacun contenant un millier de mondes. Dans son auréole, demeurent des bouddhas métamorphosés en nombre égal à un million de koṭīs de nayutas multipliés par le nombre de grains de sables des Ganges. Chaque Bouddha est assisté par d’innombrables et illimités bodhisattvas métamorphosés.

Le Bouddha Amitāyus possède quatre-vingt-quatre mille caractéristiques physiques, chacune ayant quatre-vingt-quatre mille marques d’excellences secondaires. Chaque marque secondaire émet quatre-vingt-quatre mille rayons de lumière ; chaque lumière brille universellement sur les univers des dix directions, embrassant, et sans abandonner, ceux qui pensent au Bouddha. Il est impossible de décrire en détail ces rayons de lumière, caractéristiques physiques et marques, bouddhas métamorphosés, etc. Mais vous pouvez les voir clairement avec votre œil de l’esprit à travers la contemplation.  

Ceux qui les ont imaginés, voient tous les bouddhas des dix directions. Parce qu’ils voient les bouddhas, ceci est appelé le samādhi du recueillement du Bouddha. Réaliser cette contemplation est percevoir le corps de tous les bouddhas. Par cela, on réalise aussi l’esprit du Bouddha. L’esprit du Bouddha est grande Compassion. Il embrasse tous les êtres sensibles avec bienveillance inconditionnelle. Ceux qui ont pratiqué cette contemplation renaîtront, après leur mort en présence de tous les bouddhas et réaliseront la vue pénétrante du non émergence des dharmas. Pour cette raison, le sage devrait concentrer ses pensées et visualiser Amitāyus. En le contemplant, commencez par une caractéristique physique. Visualisez seulement la touffe entre les sourcils jusqu’à la voir clairement et distinctement. Quand vous la visualisez, les quatre-vingt-quatre mille caractéristiques physiques se manifesteront spontanément. Quand vous visualisez Amitāyus, vous verrez aussi d’innombrables bouddhas des dix directions. Ayant visualisé les innombrables bouddhas, vous recevrez de chacun la prédiction de votre future bouddhéité.

Ceci est la perception générale de toutes les caractéristiques du Bouddha et est appelé la neuvième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."  

 

10) La contemplation d’Avalokiteśvara


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Après avoir vu Amitāyus clairement et distinctement, visualisez ensuite le Bodhisattva Avalokiteśvara. Sa taille est de quatre vingt koṭīs de nayutas de yojanas multipliés par le nombre de grains de sable des Ganges. Son corps est de la couleur or pourpre, et sur le dessus de sa tête, une protubérance entourée par une auréole dont le rayon mesure une centaine de milliers de yojanas, dans laquelle se trouvent une centaine de bouddhas métamorphosés. Chaque Bouddha ressemble à Śākyamuni, et est assisté par cinq cents bodhisattvas métamorphosés et d’innombrables devas. Dans la lumière émanée de son corps entier, sont visibles les êtres sensibles des cinq royaumes du saṁsāra dans leurs formes physiques distinctes. Sur sa tête, il porte une couronne céleste fait de joyaux maṇi Shakra-abhilagna, sur laquelle se tient un Bouddha métamorphosé Amitāyus mesurant vingt cinq yojanas de hauteur.

Le visage du Bodhisattva Avalokiteśvara est de la couleur d’or de la rivière Jambu, tandis que la touffe de cheveux entre ses sourcils est de la couleur des sept joyaux, et de lui émanent quatre-vingt-quatre mille rayons de lumière. Dans chacun de ces rayons demeurent d’innombrables centaines de milliers de bouddhas métamorphosés, chacun assisté par des bodhisattvas métamorphosés sans nombre, qui se manifestent sous des formes variées à volonté, remplissant le mondes des dix directions. Les bras d’Avalokiteśvara ont la couleur de fleurs de lotus rouge. Ils émettent quatre vingt koṭīs de rayons exquis de lumière sous forme d’ornements, dans lesquels sont reflétés tous les objets glorieux de cette terre. Les paumes de ses mains sont de la couleur de cinq cent koṭīs de fleurs de lotus variées. Chacune de ses extrémités de doigt portent quatre-vingt-quatre mille motifs imprimés, chacun de quatre-vingt-quatre mille couleurs. Chaque couleur émet alternativement quatre-vingt-quatre mille rayons de lumière délicats, illuminant tous les êtres. Avec ses mains de joyaux, il accueille et guide tous les êtres sensibles.     

Quand il soulève son pied, la marque d’une roue d’un millier de rayons sur ses plantes se change spontanément en un socle, qui émet cinq cents koṭīs de rayons lumineux. Quand il repose son pied, des fleurs faites de diamants et de joyaux maṇi sont diffusées dans toutes les directions. Toutes les autres caractéristiques et marques qu’il possède sont les mêmes que celles du Bouddha, excepté la protubérance sur sa tête et la partie supérieure invisible, qui ne sont pas égales à celles de l’Honoré du monde. Ceci est la visualisation des traits physiques du Bodhisattva Avalokiteśvara et est appelée la dixième contemplation.

Ensuite le Bouddha dit à Ānanda, "Ceux qui souhaitent voir le Bodhisattva Avalokiteśvara doivent suivre la méthode de contemplation ainsi mentionnée. Ceux qui pratiquent cette contemplation ne rencontreront aucun malheur, et seront libres des obstacles karmiques et débarrassés du mauvais karma qu’ils ont accumulé pendant d’innombrables kalpas du saṁsāra. Si vous entendez seulement le nom d’Avalokiteśvara, vous gagnerez d’innombrables mérites. Et ainsi, combien plus de mérites si vous le visualisez clairement ! Ceux qui souhaitent voir le Bodhisattva Avalokiteśvara devraient en premier visualiser la protubérance sur sa tête et ensuite sa couronne céleste. Ensuite ils devraient visualiser les autres caractéristiques physiques dans l’ordre, aussi clairement que s’ils regardaient une chose dans la paume de leurs mains. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."  


11) Contemplation de Mahāsthāmaprāpta


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ensuite, visualisez le Bodhisattva Mahāsthāmaprāpta. Les dimensions de ce Bodhisattva sont les mêmes que celles d’Avalokiteśvara. Son auréole, deux cent cinquante yojanas de diamètre, brille à une distance de deux cents cinquante yojanas. La lumière émanée de son corps entier illumine les mondes des dix directions, les faisant briller comme de l’or pourpre. Cette lumière peut être vue par quiconque à un karma proche de lui. Même si l’on peut voir la lumière émanée de tous les pores de sa peau, on peut percevoir les lumières pures et glorieuses des innombrables bouddhas des dix directions. Ceci est la raison pour laquelle ce Bodhisattva est appelé Lumière sans limite. De plus, il possède un grand pouvoir pour illuminer tous les êtres avec la lumière de la sagesse afin de les délivrer des trois mauvais royaumes. Ceci est la raison pour laquelle il est appelé "Doué de grand pouvoir". La couronne divine de ce Bodhisattva est ornée de cinq cent fleurs de lotus de joyaux, chacune possédant cinq cent pétales de joyaux. Sur chaque pétale apparaissent les pures et resplendissantes terres des bouddhas des dix directions avec tous leurs illimités traits glorieux. La protubérance sur sa tête a la forme d’un bourgeon de lotus, et contient à l’avant un vase de joyaux. Celui-ci est rempli de lumières variées qui révèlent toutes les activités du Bouddha. Le reste de ses caractéristiques du corps sont les mêmes que celles d’Avalokiteśvara. Quand ce Bodhisattva marche, tous les mondes des dix directions tremblent. Quel que soit l’endroit où la terre tremble, cinq koṭīs de fleurs de joyaux apparaissent, chacune aussi brillante et belle que celles de la terre de suprême félicité. Quand ce Bodhisattva s’assoit, toutes les terres faites des sept joyaux, de celle de la terre du Bouddha Lumière en Or au nadir jusqu’à celle du Bouddha Roi de Lumière au zénith, tremblent simultanément. Entre celles-ci, des corps manifestés d’Amitāyus, Avalokiteśvara, et Mahāsthāmaprāpta, aussi nombreux et innombrables que des particules de poussière, s’assemblent tous comme des nuages dans la terre de suprême félicité, remplissant tout le ciel. Assis sur des sièges de lotus, ils exposent le merveilleux Dharma pour sauver les êtres sensibles. Visualiser cela est appelé la contemplation du Bodhisattva Mahāsthāmaprāpta, et est aussi appelé la contemplation des caractéristiques physiques de Mahāsthāmaprāpta. Visualiser ce Bodhisattva de cette façon est appelé la onzième contemplation. Elle efface le mauvais karma commis durant d’innombrables kalpas du saṁsāra. Ceux qui pratiquent cette contemplation ne seront plus assujettis à renaître d’une matrice. Ils pourront voyager jusqu’aux pures et exquises terres des bouddhas. Ces contemplations sont appelées la contemplation complète d’Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


12) Contemplation des aspirants eux-mêmes


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Après avoir contemplé ainsi, visualisez vous comme nés dans la terre de suprême félicité de l’Ouest, assis les jambes croisées sur une fleur de lotus. Visualisez cette fleur de lotus fermée ; quand elle s’ouvre, cinq cent rayons de lumière colorée illuminent votre corps ; vos yeux s’ouvrent alors et vous voyez les bouddhas et bodhisattvas remplissant le ciel et entendez les sons de l’eau, les oiseaux et les arbres, et les voix des bouddhas exposant les merveilleux dharmas en accord avec les douze divisions des textes sacrés. Quand vous quittez la méditation, gardez ces choses à l’esprit et ne les oubliez pas. Les voir ainsi est appelé la visualisation de la terre de suprême félicité du Bouddha Amitāyus. Ceci est la visualisation globale, et est appelé la douzième contemplation. "Les innombrables corps métamorphosé d’Amitāyus, avec ceux d’Avalokitésvara et Mahāsthāmaprāpta, accompagneront toujours ceux qui les contemplent ainsi. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."


13) Contemplation d’Amitābha et des Deux Bodhisattvas


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Si vous désirez sincèrement renaître dans la terre de l’Ouest, vous devriez en premier lieu imaginer une image, haute de seize pieds, sur la surface d’un étang. Les dimensions d’Amitāyus comme décrites précédemment sont sans limite et au-delà de la portée des êtres ordinaires. Mais, par le pouvoir des vœux originels de ce Tathāgata ceux qui le contemplent réussiront certainement. Vous pouvez accumuler d’immenses mérites en visualisant simplement une image de ce Bouddha. Et donc, combien plus de mérites si vous visualisez ses caractéristiques complètes !

Amitāyus, capable de pouvoirs surnaturels à volonté, peut manifester ses formes variées librement dans les terres des dix directions. Certaines fois, il peut apparaître comme une grande émanation, couvrant le ciel entier ; à d’autres moments comme une petite émanation de seize ou huit pieds. Les émanations qu’il produit sont toutes de la couleur d’or pourpre. Les bouddhas métamorphosés et les fleurs de lotus en pierres précieuses dans l’auréole de chaque forme manifestée sont comme celles qui ont été décrites auparavant.

Les bodhisattvas Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta ont une apparence similaire, où qu’ils se trouvent. Les êtres sensibles ne peuvent que les distinguer en regardant les emblèmes sur leurs têtes. Ces deux bodhisattvas assistent Amitāyus pour partout libérer et sauver tous les êtres. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."     


Les Neufs Degrés de Naissance 


1) Le plus haut niveau de la plus haute classe


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ceux qui naissent dans la terre de l’ouest appartiennent à l’une des neuf classes. Ceux qui obtiennent la renaissance au niveau le plus élevé de la plus haute classe, sont des êtres sensibles qui sont résolus à renaître dans cette terre, qui ont généré les trois sortes de foi et qui de ce fait y sont nés. Quelles sont ces trois sortes de foi ? Elles sont, premièrement, la foi sincère ; deuxièmement, la foi profonde ; et troisièmement, la foi qui cherche la renaissance en transférant ses mérites à cette fin. Ceux qui ont ces trois formes de foi renaîtront sans doute en cette terre. Il y a trois autres types d’êtres sensibles qui obtiennent la renaissance. Que sont les trois ? Ils sont, premièrement, ceux qui ont un cœur compassionné, qui s’abstiennent de tuer et qui observent les préceptes ; deuxièmement, ceux qui chantent les sūtras mahāyāna de façon étendue ; et troisièmement, ceux qui pratiquent les six formes d’attention. Ils aspirent à renaître dans cette terre de Bouddha en transférant le mérite de la pratique. Avec le mérite acquis en accomplissant ces actes pendant un jour ou sept, ils obtiennent la renaissance. Quand un aspirant est sur le point de renaître dans cette terre suite à des pratiques dédiées et courageuses, le Tathāgata Amitāyus arrive avec Avalokiteśvara, Mahāsthāmaprāpta, d’innombrables bouddhas métamorphosés, une large assemblée d’une centaine de milliers de moines et Śrāvakas et d’innombrables devas dans des palais de joyaux. Le Bodhisattva Avalokiteśvara, portant un siège de vajra, avec le Bodhisattva Mahāsthāmaprāpta, s’approchent de l’aspirant. Amitāyus émet un large flux de lumière qui illumine le corps de l’aspirant et, avec les bodhisattvas, tend ses mains pour l’accueillir. Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta, ensemble avec d’innombrables bodhisattvas, louent et encouragent l’aspirant. En voyant cela, l’aspirant est rempli de joie à danser. C’est alors qu’il se voit assis sur un siège vajra, et suivant le Bouddha, renaît dans cette terre en l’espace d’un simple claquement de doigts. Après sa renaissance dans cette terre, il peut voir le corps du Bouddha complet avec ses caractéristiques physiques et aussi les corps des bodhisattvas également complets avec leurs caractéristiques. En écoutant le discours sur le merveilleux Dharma diffusé par la lumière et les arbres de joyaux, il réalise alors la vision pénétrante de la non-émergence des dharmas. En un bref instant, il peut visiter et vénérer tous les bouddhas des dix directions et recevoir d’eux la prédiction de sa future bouddhéité. En retournant à la terre pure, il est doté d’innombrables centaines de milliers de dhāraṇīs. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au niveau le plus élevé de la plus haute classe.


2) Le niveau moyen de la plus haute classe


Ceux qui obtiennent une renaissance au niveau moyen de la plus haute classe, ne chantent et soutiennent pas nécessairement les sūtras de façon étendue, mais comprennent les enseignements du Bouddha de telle façon que lorsqu’ils entendent les vérités suprêmes, ils ne sombrent pas dans le désarroi. Ils ont une profonde foi en la loi des causes et effets karmiques et ne parlent pas de façon négative du mahāyāna. Ils transfèrent le mérite acquis vers la terre de suprême félicité, aspirant à y renaître. Quand un tel aspirant est sur le point de mourir, Amitāyus apparaît devant lui, entouré d’Avalokiteśvara, Mahāsthāmaprāpta et d’innombrables sages et assistants, portant un siège de lotus couleur or pourpre. Le Bouddha lui fait l’éloge, en lui disant, 'Fils du Dharma, parce que tu as pratiqué le mahāyāna et apprécie les suprêmes vérités, je suis venu pour t’accueillir.’ En disant cela, lui et un millier de bouddhas métamorphosés tendent leurs mains en même temps vers l’aspirant, qui, se voyant assis sur un siège en or pourpre, joint ses paumes des mains et fait l’éloge des bouddhas. En un instant, il renaît dans un étang fait des sept joyaux en la terre de suprême félicité. Le siège en or pourpre devient une belle fleur de joyaux, laquelle s’ouvre une fois la nuit passée. Le corps de l’aspirant prend la couleur de l’or pourpre, et sous ses pieds, apparaissent sept fleurs de lotus de joyaux. Le Bouddha et les bodhisattvas ensemble, déversent un flux de lumière qui illumine le corps de l’aspirant. Ses yeux s’ouvrent, et grâce à ses mérites de sa vie passée, il peut entendre partout des voix exposant les vérités suprêmes les plus profondes. En descendant de son siège en or, il s’incline et joint les paumes des mains en révérence au Bouddha, l’Unique Honoré-du-Monde. Après sept jours, il atteint immédiatement le stade de non régression pour réaliser le plus haut et parfait éveil. Il est aussi capable de voler dans les dix directions, à volonté, pour faire l’éloge des bouddhas et apprend de leur bouche des samādhis variés. Après le laps de temps d’un petit kalpa, il obtient la vision pénétrante de la non-émergence de tous les dharmas et reçoit de chaque Bouddha la prédiction de sa futur bouddhéité. Une telle personne est appelée celle qui obtient la renaissance au niveau moyen de la plus haute classe.  


3) Le plus bas niveau de la plus haute classe


Ceux qui obtiennent une renaissance au niveau bas de la plus haute classe acceptent aussi la loi des causes et effets du karma, ne parlent pas en mal du mahāyāna et éveillent en eux l’aspiration du plus haut éveil. Ils transfèrent le mérite acquis vers la terre de suprême félicité, aspirant à y renaître. Quand un tel aspirant est sur le point de mourir, Amitāyus, avec Avalokiteśvara, Mahāsthāmaprāpta et une multitude d’assistants, viennent pour l’accueillir, apportant une fleur de lotus en or et manifestant cinq cents bouddhas métamorphosés. Ces bouddhas métamorphosés tendent leurs mains en même temps et font l’éloge de l’aspirant, 'Fils du Dharma, puisque tu as généré l’aspiration pour le plus haut éveil, nous sommes venus pour t’accueillir.’ Quand il a vu tout cela, l’aspirant se voit lui-même assis sur une fleur de lotus en or, qui alors se ferme. Suivant l’Unique Honoré-du-Monde, il obtient immédiatement une renaissance sur un étang fait des sept joyaux. Un jour et une nuit passés, la fleur de lotus s’ouvre et, en l’espace de sept jours, l’aspirant peut voir le Bouddha. Bien qu’il voie le corps du Bouddha, il ne peut pas encore discerner ses traits et marques physiques clairement. Mais au bout de trois semaines il peut les voir distinctement, et aussi entendre tous les sons et voix qui proclament le merveilleux Dharma. Ainsi, il peut voyager dans les dix directions pour faire des offrandes aux bouddhas et entendre les enseignements profonds. Au bout de trois petits kalpas il obtient la compréhension claire de la centaine de dharmas et demeure dans le Stade de la Joie. Une telle personne est appelée celle qui obtient la renaissance au niveau bas de la plus haute classe. Ces trois niveaux réunis sont connus comme étant la contemplation de la plus haute classe des aspirants, et la quatorzième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."

 

4) Le plus haut niveau de la classe moyenne


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ceux qui obtiennent une renaissance au plus haut niveau de la classe moyenne sont les êtres sensibles qui gardent les cinq préceptes, observent les huit abstinences, pratiquent en accord avec des préceptes variés, et s’abstiennent de commettre les cinq offenses les plus graves et d’autres transgressions. Ils transfèrent leur mérite acquis vers la terre de l’Ouest de suprême félicité, aspirant à y renaître. Quand une telle personne est sur le point de mourir, Amitāyus apparaît devant lui, entouré par une multitude de moines et irradiant une lumière couleur d’or. Il expose alors la vérité de la souffrance, la vacuité, l’impermanence et le non soi, et fait l’éloge de la renonciation au monde comme la voie qui permet d’échapper à la souffrance. Voyant cela, l’aspirant se réjouit grandement et se voit lui-même assis sur une fleur de lotus. Il s’agenouille, joint les paumes des mains et rend hommage au Bouddha. Avant même qu’il lève la tête, il obtient la renaissance en la terre de suprême félicité, où le bourgeon de sa fleur de lotus est sur le point d’éclore. Quand la fleur s’ouvre, il peut entendre des sons variés et des voix exalter les quatre nobles vérités. Il obtient immédiatement l’état d’Arhat, acquière les formes de connaissances transcendantes et les six pouvoirs surnaturels, et réalise les huit samādhis de l’émancipation. Une telle personne est appelée celle qui obtient la renaissance au niveau le plus haut de la classe moyenne.


5) Le niveau moyen de la classe moyenne


Ceux qui obtiennent une renaissance au niveau moyen de la classe moyenne sont les êtres sensibles qui observent pendant au moins un jour et une nuit les huit abstinences, les préceptes pour un novice ou les préceptes complets d’un moine ou d’une nonne, et ne violent aucune des règles de conduite. Ils transfèrent leur mérite acquis vers la terre de suprême félicité, aspirant à y renaître. Quand un tel aspirant, parfumé par la vertu d’observer les préceptes, est sur le point de mourir, il voit le Bouddha Amitāyus s’approcher de lui avec ses assistants, diffusant une lumière dorée et portant une fleur de lotus faite des sept joyaux. Il peut entendre une voix dans le ciel au dessus de lui faisant l’éloge, en disant, ‘Être de bonnes actions, puisque tu es vertueux et a suivi les enseignements des bouddhas des trois périodes, je suis venu pour t’accueillir.’ L’aspirant se voit alors assis sur une fleur de lotus. Une fois fermée, l’aspirant renaît sur un étang de joyaux dans la terre de suprême félicité. Passés sept jours, le bourgeon de lotus se déplie, et l’aspirant ouvre les yeux. Les paumes des mains jointes, il rend hommage à l’Unique Honoré-du-Monde, se réjouit en écoutant le Dharma et atteint le stade du courant vainqueur. Au bout d’un kalpa, il devient un Arhat. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au niveau moyen de la classe moyenne.     


6) Le plus bas niveau de la classe moyenne


Ceux qui obtiennent la renaissance au niveau bas de la classe moyenne sont des hommes et des femmes de bien qui sont très attentionnés et reconnaissants vis-à-vis de leurs parents et accomplissent des actions bénévoles pour autrui. Quand une telle personne est sur le point de mourir, elle peut rencontrer un bon enseignant, qui complètement lui enseigne la félicité de la terre d’Amitāyus et les quatre-vingt-quatre vœux du Bodhisattva Dharmākara. Ayant entendu cela, elle meurt et en l’espace d’un court instant pour qu’un homme fort puisse empoigner et tirer son bras, elle obtient une renaissance en la terre de l’Ouest de suprême félicité. Sept jours après sa renaissance, elle rencontre Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta, se réjouit d’écouter le Dharma de leurs bouches et ainsi atteint le stade du courant vainqueur. Au bout d’un kalpa, elle devient un Arhat. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au niveau bas de la classe moyenne. Ces trois niveaux réunis sont connus comme étant la contemplation de la classe moyenne des aspirants, et la quinzième contemplation. Pratiquer de cette façon est appelé la contemplation juste, et pratiquer autrement est incorrect."     


7) Le plus haut niveau de la classe inférieure


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ceux qui obtiennent une renaissance au plus haut niveau de la classe inférieure sont les êtres sensibles qui commettent diverse actions négatives mais ne calomnient pas les sūtras du mahāyāna de façon étendue. Quand une personne idiote comme celle-ci, qui a commis beaucoup de mal mais ne ressent aucun remord, est sur le point de mourir, elle peut rencontrer un grand maître, qui lui loue les titres des douze divisions des écritures du mahāyāna. En entendant ces titres de sūtras, elle se libère du fardeau du mauvais karma qu’elle a accumulé pendant un millier de kalpa. De plus, ce maître sage lui conseille de joindre les paumes des mains et de prononcer à haute voix ceci, 'Hommage au Bouddha Amitabha (Na-mo-o-mi-t’o-fo).’ En appelant ainsi le nom du Bouddha, le mauvais karma que le mourant a accumulé pendant cinq koṭīs de kalpas du saṁsāra s’effacent complètement. Le Bouddha envoie alors son corps métamorphosé et ceux d’Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta à l’aspirant ; ils lui font l’éloge, en disant, 'Bien fait, homme de bonnes actions ! En invoquant le nom du Bouddha, ton mauvais karma a été effacé, et ainsi nous sommes venus pour t’accueillir.’ Une fois ces mots prononcés, l’aspirant voit un flot de lumière provenant de ce Bouddha manifesté remplir toute sa chambre. Ayant vu cela, il se réjouit et meurt. Assis sur une fleur de lotus faite de joyaux, il suit le Bouddha manifesté et renaît sur un étang de joyaux. Au bout de sept semaines, le bourgeon de la fleur de lotus s’ouvre et Avalokiteśvara, le bodhisattva de grande compassion, et Mahāsthāmaprāpta apparaissent devant lui, libérant de grands flots de lumière, et lui expliquant les enseignements très profonds des douze divisions des écritures. Ayant entendu cela, l’aspirant les accepte alors avec foi, et génère l’aspiration pour le plus haut degré d’éveil. Au bout de dix kalpas, il réalise une claire compréhension de la centaine de dharmas et entre dans le premier niveau du bodhisattva. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au plus haut niveau de la classe inférieure. Ainsi, il y renaît par l’écoute du nom du Bouddha, du Dharma et de la Saṅgha, c'est-à-dire les Trois Trésors.  


8) Le niveau moyen de la classe inférieure


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ceux qui obtiennent une renaissance au niveau moyen de la classe inférieure sont les êtres sensibles qui violent les cinq préceptes, les huit préceptes ou les préceptes complets d’un moine ou d’une nonne. Une personne idiote comme celles-ci vole la Saṅgha ou les biens des moines, ou prêche le Dharma avec des motifs impurs sans n’éprouver aucun remord. Ainsi, elle se souille elle-même d’un mauvais karma, et à cause de cela, tombe dans les enfers. Quand l’aspirant est sur le point de mourir et que les flammes de l’enfer se referment soudainement sur lui, il peut rencontrer un bon maître, qui avec compassion lui explique les dix pouvoirs surnaturels d’Amitāyus, décrivant pleinement le pouvoir magique de la lumière de ce Bouddha, ses vertus dans l’observance des préceptes, méditation, sagesse, émancipation et connaissance de l’émancipation. Une fois entendu cela, le mauvais karma qu’il a accumulé pendant quatre vingt koṭīs de kalpas du saṁsāra sont effacés ; les flammes ardentes de l’enfer se transforment en brises rafraîchissantes et froides, soufflant des fleurs célestes. Sur chaque fleur, se trouve un Bouddha accompagné par des bodhisattvas qui l’accueillent. En un instant, il obtient une renaissance au sein d’un bourgeon de lotus sur un étang fait des sept joyaux. Au bout de six kalpas, le bourgeon s’ouvre, et alors Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta le réconfortent avec leurs voix nobles et lui enseignent les sūtras profonds du mahāyāna. À l’écoute de tout cela, il génère immédiatement l’aspiration pour le plus haut degré d’éveil. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au niveau moyen de la classe inférieure.


9) Le plus bas niveau de la classe inférieure


Le Bouddha dit à Ānanda et Vaidehī, "Ceux qui obtiennent une renaissance au niveau inférieur de la classe inférieure sont les êtres sensibles qui ont commis des mauvaises actions telles que les cinq plus graves offenses, les dix actes non vertueux et toutes genre d’immoralités. À cause de tout ce mauvais karma, un fou comme cela, tombera sûrement dans les enfers et souffrira sans fin d’agonie pendant beaucoup de kalpas. Quand il sera sur le point de mourir, il peut rencontrer un bon maître,  qui le console de façons différentes, lui enseignant le merveilleux Dharma et l’exhortant à prendre conscience du Bouddha ; mais il est trop tourmenté par la peine pour faire cela. Le bon maître l’informe ainsi, ‘Si vous ne pouvez vous concentrer sur le nom du Bouddha, vous devriez dire à la place, Hommage au Bouddha Amitāyus.’ De cette façon, il récite sincèrement et de façon continue 'Hommage au Bouddha Amitāyus dix fois. Parce qu’il récite le nom du Bouddha, à chaque répétition, le mauvais karma qu’il a commis pendant quatre vingt koṭīs de kalpas du saṁsāra est effacé. Quand il vient à mourir, il peut voir devant lui une fleur de lotus en or de la forme d’un disque de soleil, et en un instant il renaît an sein d’un bourgeon dans la terre de suprême félicité. Au bout de douze grands kalpas le bourgeon de la fleur de lotus s’ouvre. Quand la fleur s’ouvre, Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta lui enseignent avec des voix de grande compassion la méthode pour effacer le mauvais karma à travers la réalisation de l’ainsité de tous les dharmas. En entendant cela, il se réjouit et immédiatement génère l’aspiration pour le plus haut éveil. Une telle personne est appelée celle qui obtient une renaissance au niveau inférieur de la classe inférieure.


Ces trois niveaux réunis sont connus comme la contemplation de la classe inférieure des aspirants et la seizième contemplation."  


Bénéfices Gagnés par l’Écoute de l’Assemblée


Tandis que le Bouddha délivrait ces mots, Vaidehī et ses cinq cents assistantes féminines écoutaient son enseignement. Ayant visionné les traits sans limite de la terre de suprême félicité, le Bouddha Amitāyus et les deux bodhisattvas, Vaidehī eut le cœur rempli de joie. Frappée d’émerveillement par cette révélation, elle réalisa le grand éveil avec clarté de l’esprit et obtint la vision pénétrante de la non-émergence des dharmas. Ses cinq cents assistantes générèrent l’aspiration pour le plus haut et parfait éveil, et désirèrent de renaître en cette terre. L’Unique Honoré-du-Monde donna l’assurance à toutes qu’elles verraient leur désir se réaliser et qu’elles obtiendraient le samādhi d’être en présence de tous les bouddhas. D’innombrables devas générèrent aussi l’aspiration pour le plus haut éveil.  


Noms de ce Sūtra


Alors Ānanda se leva de son siège, s’avança, et dit au Bouddha, "Unique Honoré-du-Monde, comment devrions nous appeler ce sūtra et comment devrions nous retenir et accepter l’essentiel de son enseignement ?"

Le Bouddha répondit, "Ānanda, ce sūtra est appelé la visualisation de la terre de suprême félicité, du Bouddha Amitāyus, et des bodhisattvas Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta. Il est appelé la purification et l’élimination des entraves karmiques pour obtenir la renaissance en la présence de tous les bouddhas.

Retiens rapidement ce sūtra et ne l’oublie pas. Ceux qui pratiquent ce samādhi seront capables, durant leur temps de vie, de voir le Bouddha Amitāyus et les deux Mahāsattvas. Si des hommes et femmes entendent simplement le nom de ce Bouddha ou les noms des deux autres bodhisattvas, le mauvais karma qu’ils ont accumulé pendant d’innombrables kalpas du saṁsāra s’effacera. Et ainsi, combien plus de mérite obtiendraient-ils s’ils se concentraient sur eux ! Tu devrais savoir que tous ceux qui sont conscients de ce Bouddha sont comme des fleurs de lotus blanches dans l’humanité ; les bodhisattvas Avalokiteśvara et Mahāsthāmaprāpta deviennent leurs bons amis. Ils siégeront en la place de l’éveil et renaîtront dans la famille des bouddhas."

De plus, le Bouddha dit à Ānanda, "Garde bien ces mots à l’esprit. Garder ces mots à l’esprit signifie se souvenir parfaitement du nom du Bouddha Amitāyus."

Quand le Bouddha eut fini de parler ainsi, le Vénérable Mahāmaudgalyāyana, le Vénérable Ānanda, Vaidehī et tous les autres se réjouirent grandement d’avoir entendu le discours du Bouddha.


Épilogue


Alors le Bouddha retourna au pic des vautours par les airs. Sur place, Ānanda expliqua en entier ce qui s’était passé à l’assemblée. D’innombrables humains, devas, nāgas, yakṣas et tous les êtres se réjouirent d’entendre l’enseignement du Bouddha. Après avoir rendu hommage au Bouddha, ils se retirèrent.


***


Fin du Sūtra de la Contemplation du Bouddha de Vie Infinie énoncé par le Bouddha Śākyamuni.


Traduction :

- du chinois pendant la dynastie Liu Sung par le Maître du Tripiṭaka Kālayaśas en Asie centrale

- en français par Équipe Amitabha Terre Pure. Une autre dernière version dans notre livre spécial dédié au Bouddha Amitābha - voir nos Projets. Nous avons fait le choix esthétique d’utiliser des mots en sanskrit latinisé. Révisé le 07 Janvier 2017. Toute imperfection est nôtre.


Amitabha Terre Pure - Dharma Diffusion

▪ Sūtra de la Contemplation du Bouddha Amitāyus


Ainsi j’ai entendu.


Le Bouddha demeurait sur le pic des vautours à Rājagṛha en compagnie d’une large assemblée de mille deux cent cinquante moines. Il était aussi accompagné de trente deux mille bodhisattvas dont Manjusri, le prince du Dharma.

En image, des lieux en Inde où le roi Bimbisara fut envoyé en prison....

Le Roi Bimbisāra Emprisonné par son Fils Ajātaśatru


À cette époque, dans la grande cité de Rājagṛha, il y avait un prince nommé Ajātaśatru. Influencé par son mauvais ami Devadatta, il empoigna son père, le roi Bimbisāra, le confina dans une chambre entourée de sept murs, et interdit la cour des officiels de visiter le roi.

Vaidehī, la reine, était dévouée au roi. Après s’être baignée et lavée, elle étala sur son corps du gui et du miel mélangés à une pâte ayant un goût de blé, remplit ses ornements avec du jus de raisin et secrètement offrit cette nourriture et ce jus au roi. Il mangea la pâte et but le jus et demanda ensuite de l’eau. Après avoir rincé sa bouche, il joignit ses mains en révérence et, se tournant vers le pic du vautour, pria l’Unique Honoré-du-Monde au loin, en disant, "Mahāmaudgalyāyana est mon proche ami. Je vous conjure d’avoir pitié de moi et de me l’envoyer afin que je puisse recevoir les huit préceptes."

Alors, Mahāmaudgalyāyana s’envola aussi légèrement qu’un faucon vers le roi. Jour après jour, il venait de cette façon pour lui conférer les huit préceptes. L’Unique Honoré-du-Monde envoyait aussi le Vénérable Pūrṇa de la même façon jusqu’au palais pour exposer le Dharma au roi. Trois semaines s’écoulèrent de cette façon. Parce qu’il avait mangé la pâte de blé et entendu le Dharma, le roi paraissait joyeux et satisfait.

Études  Sutra Contemplation Amitabha